À Fontainebleau, le télétravail se conjugue au présent

Le Conseil régional veut davantage de télécentres en Île-de-France, notamment en milieu rural. Les enjeux : faciliter la vie des salariés et des entreprises, mais aussi soutenir les communes périurbaines. Exemple dans le sud de la Seine-et-Marne.

Fontainebleau (77), mardi matin, 9h30. Marc Guérinau est plongé dans un tableur Excel. Pourtant, son bureau est à 50 kilomètres de là, à Rungis (94). Mais une journée par semaine, ce cadre d'une société de plateforme logistique est en télétravail au centre « Stop and Work Fontainebleau », à quelques minutes de trajet seulement de son domicile.

« Mon entreprise m'a proposé cette formule il y a un an et demi maintenant, dans le cadre d'une expérimentation, se souvient-il. Cela m'évite de faire 130 kilomètres aller-retour dans une journée, et surtout de nombreuses heures passées dans les bouchons, à m'épuiser nerveusement. »
 

Au plus près des territoires

Le télétravail en quelques chiffres
Entre 10% et 15% des salariés sont concernés par le télétravail en France (18% en Europe)
En Île-de-France, un salarié en télétravail gagne 80 minutes par jour.

L'Île-de-France compte actuellement 138 tiers-lieux (télécentres, espaces de coworking). Plus de la moitié sont implantés à Paris.

Ce centre est né en 2014 des volontés conjuguées de la communauté de communes du Pays de Fontainebleau et de la société Stop and Work, spécialisée dans la création d'un réseau de télécentres dans les zones périurbaines. « Nous travaillons toujours en partenariat avec les collectivités territoriales avant de décider une implantation », souligne Martine Sondervorst, responsable du lieu. Une proximité importante pour répondre au plus près aux besoins des travailleurs locaux. Ainsi, d'autres télécentres ont été créés également à Montereau-Fault-Yonne (77), Beauvais (60), Bourg-la-Reine (92)...

La problématique du temps de transport, dans une région dense comme l'Île-de-France, est en effet centrale pour les habitants des zones périurbaines, premiers clients de ces centres. « C'est vraiment un système gagnant-gagnant », souligne Marc Guérinau. « Pour une entreprise, un collaborateur qui arrive au travail sans avoir passé déjà une ou deux heures en temps de transport est plus disponible et plus productif. »


Wifi et business lounge

Au rez-de jardin, du télécentre bellifontain, un business lounge où les usagers peuvent venir travailler à leur guise avec un simple abonnement au mois. Ils bénéficient du Wifi, d'une connection fibre à Internet et d'espaces de travail. Le centre propose aussi un espace de coworking où se côtoient différents travailleurs indépendants et chef d'entreprise sur le même « plateau » et des bureaux fermés qui peuvent être réservés plusieurs jours par mois. Ici, le maître-mot est flexibilité.

Au total, ces 1.226 m² d'espaces de travail accueillent 250 travailleurs aux profils aussi différents que journaliste, médecin, graphiste, agences de voyages spécialisés, société de traiteur, professionnels du tourisme.


Synergie autour d’un café

Sonia Boros est cheffe d'entreprise. Elle a monté son activité d'équithérapie et horse coaching (coaching par l'intermédiaire des chevaux) et, quand elle n'est pas sur la base UCPA d'équitation de Bois-le-Roi, travaille régulièrement à « Stop and Work Fontainebleau ». « C'est vraiment l'occasion de rompre l'isolement. Beaucoup d'entre nous pourraient travailler chez eux, mais préfèrent se rendre ici. Non seulement on y gagne en convivialité, mais cela permet aussi de faire des rencontres et du business ! » Ainsi des synergies se créent-elles dans les couloirs ou autour de la machine à café. Ici, un illustrateur freelance, qui a travaillé avec un créateur d'entreprise. Là, deux entrepreneurs qui ont fini par créer ensemble une appli à succès.

Flexibilité, proximité, échanges et innovation : c'est la recette de ces tiers-lieux qui ouvrent la voie à de nouvelles façons d'envisager le travail. À terme, avec le soutien financier de la Région, le territoire francilien devrait en compter pas moins de 1.000.

Photo : © Stéphanie Lacombe/Picturetank

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