Fab lab : créer en communauté

Xavier Frison
Avant son ouverture officielle en septembre 2013, le laboratoire de fabrication de la Cité des sciences, à Paris, ouvre ses portes aux curieux en avant-première pendant le festival Futur en Seine.

« Ici, on peut fabriquer 99% des objets existants ». De prime abord, il faut beaucoup de bonne volonté pour croire Matthieu sur parole. Dans un bric-à-brac d'objets non identifiés, de panneaux de bois découpés, de bobines de fil plastique multicolores et d'écrans d'ordinateurs reliés à d'étranges machines aux squelettes apparents, le débonnaire médiateur du Fab lab du Carrefour numérique fait découvrir une étonnante petite pièce cachée au cœur de la Cité des sciences, au nord de Paris. Et convainc, au fur et à mesure des explications, de sa sincérité.

Un Fab lab, de l'anglais fabrication laboratory, c'est un espace de fabrication ouvert à tous, dédié à la mise en commun des connaissances et de machines légères pilotées par ordinateur pour créer des objets, partager des projets, faire naître des idées. Chaque réalisation est documentée et partagée avec le grand réseau informel des Fab lab et les internautes.

La technique pour tous

Dans cet espace du 19e arrondissement de Paris, on apprend à utiliser les fameuses imprimantes 3D mais aussi... à en fabriquer soi-même, pour  dix fois moins cher que le prix d'une machine équivalente dans le commerce. Le lieu, dont l'ouverture officielle au grand public est prévue en septembre 2013, ressemble à un laboratoire qui voudrait drainer autre chose que des blouses blanches : « On défriche le terrain, explique David Forgeron, chef de projet du Fab lab du Carrefour numérique. Mais on veut surtout toucher les 15-25 ans, et de toutes les origines sociales, pas seulement les étudiants en sciences ou les ingénieurs. Il faut faire sauter le verrou de l'accès à la technique. »

Échanges et formation de pair à pair

Deux jeunes femmes passent une tête dans le local, l'air novice. « On a entendu parler de ce Fab lab à travers Futur en Seine », dit l'une d'elle, graphiste. Son acolyte, d'un profil plus technique, tient à lui faire découvrir ce lieu d'innovation collective d'un nouveau genre. En un instant, la discussion est engagée avec les présents. Il en faut plus pour déconcentrer Patrice, tout jeune retraité des télécommunications, affairé sur une maquette d'oiseau pour ses petits enfants, assistants d'un jour, ravis de donner vie à leur futur jouet. « Il y a beaucoup de choses à apprendre. Par exemple, dessiner en 3D ne s'improvise pas », admet le « grand-père bricoleur », rivé sur le complexe logiciel de la découpeuse laser. Déjà habitué à partager ses connaissances sur les forums Internet, Patrice se retrouve tout naturellement dans le concept d'échange et d'entraide des Fab labs.

En grande discussion avec un représentant de la mairie de Bordeaux venu tout spécialement se faire expliquer le concept, David voit débarquer deux étudiants des Beaux-Arts, mèches en bataille et des projets plein la besace. « Je vous attendais », lance-t-il amicalement aux retardataires. Pas vraiment des profils de geeks passionnés d'ordinateurs et de code informatique. Mais des citoyens lambda, pour qui l'impression 3D et le travail collaboratif deviendra bientôt la norme.

 

Tags

Infos pratiques

En savoir plus

Pour localiser un Fab lab près de chez vous en Île-de-France, consultez TechonMap.fr, la carte des acteurs du numérique dans la région. Une innovation développée par La Fonderie et présentée les 13 et 14 juin au Centquatre, pendant le festival Futur en Seine.