Emploi des personnes handicapées : Siemens montre l’exemple

Ce 6 décembre, Pierre Deniziot, conseiller régional délégué spécial au handicap auprès de Valérie Pécresse, participe à plusieurs tables rondes organisées par l’association Vivre. L’occasion d’aborder, notamment, la « co-construction de l’inclusion avec les entreprises ». En Île-de-France, Siemens est une entreprise exemplaire en la matière. Interview de Marie-Chantal Nicolas, qui y est responsable d'un dispositif d'insertion des travailleurs handicapés.
Marie-Chantal Nicolas est responsable du centre Être et Handicap, un dispositif passerelle qui permet à des travailleurs handicapés de préparer leur insertion professionnelle dans le milieu dit « ordinaire ». 

Quelle est la particularité du centre Être et Handicap ?
Marie-Chantal Nicolas :
Ce dispositif passerelle est né il y a huit ans, de l’initiative de deux cadres de Siemens qui souhaitaient pouvoir intégrer des personnes avec un handicap psychique. L’idée est de favoriser le retour de travailleurs handicapés qui sont en Esat (établissement spécialisé d’aide par le travail) vers le milieu dit « ordinaire ». Nous leur proposons une expérience professionnalisante et valorisable sur le marché de l’emploi. Cette action s’intègre dans la « politique handicap » de Siemens.  Notre objectif est de leur permettre d’acquérir ou de retrouver des savoir-faire et des savoir-être en entreprise. Cette passerelle entre dans le cadre de leurs projets professionnels individuels, discutés avec leurs référents au sein des Esat. À ce jour, plus de 200 personnes ont pu bénéficier de ce dispositif.

Quels types de missions sont assurées par les personnes en situation de handicap ?
M.-C. N. :
Nous assurons le standard du siège de Siemens France, des prises de message, le contrôle de notes de frais, de la gestion de commande, de la facturation, de la mise sous pli… Les personnes se forment à des logiciels utilisés dans beaucoup d’entreprises. C’est, surtout, l’occasion d’apprendre ou de retrouver des reflexes indispensables à la vie en entreprise :  ponctualité, tenue vestimentaire…  Les travailleurs en situation de handicap y gagnent, mais l’entreprise aussi car cela répond à des demandes de prestations en interne.

Travailler en milieu « ordinaire », cela joue-t-il aussi sur l’estime de soi ?
M.-C. N. :
Oui, on constate une véritable reprise de confiance chez les personnes qui y participent. Cela s’entend à leur façon de parler, par exemple. On sent qu’à mesure la voix  sepose, qu’un discours professionnel adapté se met en place. Nous avons des nouvelles d’anciens, qui ont travaillé au centre, certains ont trouvé un emploi en milieu ordinaire. Ils rendent visite à leurs anciens collègues et apportent leur témoignage sur l’intégration dans une entreprise, donnent des conseils…

La présence de collaborateurs en situation de handicap est-il un atout ou une difficulté pour l’entreprise ?
M.-C. N. :
Le centre Être et Handicap est situé au cœur de l’entreprise, au siège de Siemens France. Notre présence au sein des équipes permet de sensibiliser les autres collaborateurs à la question du handicap. Les premiers temps, on a observé un effet de surprise chez les collaborateurs. Certains nous le disent maintenant, et ajoutent que côtoyer des collègues en situation de handicap nourrit leur réflexion, puis que cela est devenu naturel. Ce sont des collaborateurs comme les autres. C’est vraiment quand le handicap sera devenu un détail qu’on aura remporté notre défi.

Photo : Être et Handicap © Siemens

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Interview

À l’occasion de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, Pierre Deniziot, conseiller régional et délégué spécial auprès de la présidente chargé du handicap, dresse un premier bilan de l’action régionale.