COP 21 : l'Île-de-France en mode durable

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Renaud Charles
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Renaud Charles

La COP 21 des moins de 18 ans

La COP 21 des lycéens, simulation de la conférence des Nations unies sur le climat programmée en décembre, s'est tenue ce 6 mai au lycée du Bourget. Un exercice qui a donné lieu à de vifs débats entre apprentis diplomates.

« Le monde est capable du meilleur comme du pire, de se détruire ou de s’élever pour triompher ». Serait-ce une énième citation de Gandhi ? Non. Celle qui prononce ces mots est une lycéenne francilienne qui, le temps d’une journée, a endossé le costume de négociatrice internationale dans le cadre de la COP 21 des lycées d’Île-de-France. Cette simulation, co-organisée par l'État, la Région, l'Éducation nationale et CliMates, a vu environ 300 participants se réunir ce 6 mai au Bourget (93), ville dans laquelle aura lieu en décembre prochain la véritable COP 21, conférence sur le changement climatique sous l’égide des Nations unies.

Même pour de faux, les négociations internationales, ça se travaille. Depuis septembre, les 14 lycées impliqués dans la démarche ont préparé leurs apprentis diplomates en leur permettant d’emmagasiner des connaissances et de s’initier à l’art oratoire. « C’était un sujet ardu mais on a réussi à en faire quelque chose de pédagogique en faisant se croiser les disciplines, explique Bruno Decroix, prof de maths au lycée Louise-Michel de Bobigny (93). En français, les élèves ont pu apprendre à construire un argumentaire et en maths, ils ont étudié l’évolution des courbes de températures. Ils se sont vraiment pris au jeu et ont compris les contradictions internes à chaque société. »

Le résultat est bluffant. À la tribune, les discours sont maîtrisés. L’objectif fixé par les organisateurs est de parvenir à la fin de la journée à un accord qui limiterait à 2 degrés la hausse des températures en 2050. Pour cela, les différentes délégations se réunissent en groupes de travail afin de débattre et d’essayer de trouver des compromis. Mais les discussions s’effectuent également de manière plus informelle dans les couloirs, où elles sont parfois houleuses à l’image de cet échange musclé entre les États-Unis et les Maldives sur la diminution des rejets de gaz à effet de serre. Désabusée, l’une des représentantes de l’archipel lâchera : « On nous parle d’argent alors que nous on parle de milliards de vies sauvées. » Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour faire de la realpolitik.

Les couloirs, c’est aussi l’endroit où les observateurs extérieurs, qui n’ont pas voix au chapitre, essayent de faire passer leurs messages. Exemple avec Lucas, élève du lycée Blaise-Pascal à Orsay (91) et qui représente une ONG : « Nous essayons de convaincre les États-Unis de consacrer 45% du fonds vert à la protection de l’environnement, notamment à la reforestation ». Symboliquement, lui et ses camarades ont décidé d’aller voir chacune des délégations pour leur faire planter une graine de bonsaï. De son côté, Arthur, de Victor-Duruy à Paris, s’emploie à défendre la politique du cimentier Lafarge en matière d’environnement. Le discours est professionnel. « Il faut que le fonds vert soit reversé à hauteur de 25% aux pays qui encouragent la recherche et développement pour permettre d’atténuer le changement climatique. » 

Même les ministres font le déplacement pour assister à ce vrai-faux sommet. Accompagné de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, partage ses souvenirs : « Il y a 23 ans pour le sommet de Rio, j’étais déjà ministre de l’Écologie. Je mesure donc la lenteur des progrès en matière d’environnement mais je constate aussi l’accélération de la prise de conscience. » Preuve en est, « le développement durable est désormais enseigné dès la classe de 5e », note Isaline Sicard, prof d’histoire à Orsay.

Épilogue de cette COP 21 des lycéens, la signature d’un accord comportant de nombreux engagements comme l’adoption d’une législation sur le climat d’ici à 2023, la mise en place d’un marché carbone ou la création d’un statut de réfugié climatique. Seul bémol, l’absence de consensus pour aboutir à une hausse maximale de deux degrés des températures en 2050. Compliqué, le multilatéralisme…        

La journée est à revivre en images sur frequenceschool.tumblr.com

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Reportage

Fin 2015, la COP 21 se tiendra au Bourget. Le monde entier s’y retrouvera pour tenter de décrocher un accord sur le climat. Sans attendre ce sommet international, 400 lycéens franciliens vont simuler ces négociations, le 6 mai prochain. Parmi eux, des élèves de l’établissement Blaise-Pascal, à Orsay, qui joueront le rôle d'une ONG.

Éclairage

Le 10 mars, la Région a dévoilé les actions qu'elle engage en prévision de la conférence internationale sur le climat (COP 21) qui se tiendra au Bourget en décembre prochain.

Frise chronologique

En décembre, Paris accueillera la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques. D’ici là, le Festival international du film d’environnement organise, le 5 février, une projection-débat sur les négociations climatiques internationales, dont les résultats apparaissent mitigés.

Reportage

Du 25 au 27 février, deux lycéens franciliens ont accompagné le président de la République dans la capitale des Philippines, pour parler dérèglements climatiques. De retour dans leur établissement des Mureaux (78), ils livrent leurs impressions, à chaud.

Événement

L’Île-de-France accueille en décembre la COP21, la 21e conférence mondiale sur le climat. L’occasion d’une réflexion collective pour envisager la mobilisation contre le changement climatique.