Christophe Vincent, agriculteur geek

Du drone au tracteur high-tech, ce céréalier de l’Essonne est adepte d'innovations. Une démarche soutenue par la Région qui a voté en novembre une convention de 1 M€ avec la Chambre d’agriculture d’Île-de-France pour encourager les sauts technologiques.

Photo : © William Dupuy/Picturetank

« L’agriculteur de demain sera geek. » La prédiction est signée Christophe Vincent, un céréalier à la tête d’une exploitation de 120 hectares depuis 2008 à Morigny-Champigny (91). Geek, Christophe l’est depuis longtemps. « J’ai toujours été féru d’électronique et d’informatique », confie-t-il. Alors, quand il y a deux ans il découvre les drones agricoles d’Air Innov’, il saute le pas sans hésiter. Une technologie qui lui permet de scanner ses champs pour connaître au mieux les besoins en nutriments de ses plants de blé et de colza.

« Le drone est équipé d’un appareil photo qui identifie la densité du feuillage. Les données collectées sont enregistrées sur une carte mémoire, puis servent à calculer la quantité d’azote nécessaire à chaque parcelle. Cette cartographie de l’épandage est ensuite rentrée dans le GPS du tracteur. » Résultat, aucun gaspillage possible, l’application de l’engrais se fait sur mesure, ce qui présente un intérêt autant écologique qu’économique. « Avant, je procédais de façon manuelle. Je prenais des mesures à plusieurs endroits et je calculais une quantité moyenne d’azote à appliquer. Là, nous sommes entrés dans ce qu’on appelle l’agriculture de précision. »  Pour cela, l’agriculteur a dû passer son brevet théorique ULM afin de connaître les règles de base de l’aviation.

« C’est aussi une façon pour moi de côtoyer un autre univers et de sortir la tête de ma ferme, assure Christophe. Je mets mon drone ainsi que mes compétences de pilote à disposition d’autres exploitations. » 

 

Tracteurs high-tech

Mais le drone n’est pas le seul matériel de pointe que l’on trouve chez notre agriculteur technophile. Ses tracteurs, équipés de GPS et bourrés d’électronique et d’informatique, témoignent eux aussi d’un changement d’ère. « Quand j’ai débuté, les GPS étaient l’apanage des agriculteurs américains. On est maintenant loin des chevaux qu’a connus mon grand-oncle, à qui je succède à la tête de l’exploitation. La performance atteinte par les machines nous assure un contrôle optimal et permet de semer au centimètre près, de telle sorte que la fatigue est aujourd’hui davantage mentale que physique. Nous avons le nez sur les écrans de contrôle. »

Pour se distraire lorsqu’il est seul dans la cabine de son tracteur ultramoderne, Christophe s’en remet à son smartphone. « Il existe de nombreux groupes Facebook sur lesquels on échange, et on s’envoie des photos entre confrères. » L’agriculteur est définitivement un geek comme les autres.   

La Région soutient l'innovation dans l'agriculture
Afin de favoriser l’appropriation rapide des nouvelles technologies par  les agriculteurs, la Région a voté en novembre dernier une convention « Innovation » dotée d’un montant de 1 M€ avec la Chambre d’agriculture d’Île-de-France. Un soutien qui poursuit trois objectifs : permettre la généralisation des technologies de rupture en matière de robotique, d’agronomie et de ciblage des intrants ; investir dans la capture et la collecte de données ; financer la création de nouveaux outils d’aide à la décision et leur diffusion au plus grand nombre.

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