Publié le 17 février 2021
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Expérimentation du dépistage du Covid-19 par des chiens : résultats très prometteurs

Chien qui dépiste le Covid-19

Crédit photo : Hugues-Marie Duclos

Une étude scientifique menée en mars-avril 2021 avec le soutien de la Région montre que le chien peut déceler le Covid-19 par son flair dans 97% des cas. Menée avec 9 chiens sur 335 personnes, elle est la première expérimentation de grande ampleur sur le sujet en France.

La Région mobilisée pour le dépistage du Covid-19

Cette évaluation de l’efficacité des chiens pour détecter le Covid-19 s’ajoute à de nombreuses opérations de dépistage conduites avec le soutien de la Région depuis le début de la crise sanitaire.

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Les chiens ont bien la capacité de reconnaître les personnes porteuses du Covid-19. C'est ce qu'a démontré l'expérimentation Nosaïs-Covid19, menée en Île-de-France du 16 mars 2021 au 9 avril 2021 par des vétérinaires, maîtres-chiens, médecins et biologistes.

Avec une participation de la Région à hauteur de 25.000 euros.

Sur 335 personnes participantes (de 6 à 76 ans), 109 étaient positives au test RT-PCR nasopharyngé (test de référence). Or les chiens ont détecté 97% des cas positifs et 91% des cas négatifs.

Le tout, en reniflant des compresses imbibées de la sueur des personnes participantes (dans des bocaux où elles avaient été introduites).

Des chiens formés à la détection des odeurs de sueur

Cette expérimentation visant à faire avancer la recherche sur le dépistage du Covid-19 a mobilisé la Région Île-de-France, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et l’École nationale vétérinaire d’Alfort (94), avec l’appui de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, de la Croix-Rouge Française, des SDIS des départements de l’Oise et des Yvelines et d'Île-de-France Prévention Santé Sida (ex-Crips).

9 chiens spécialisés et formés aux méthodes Nosaïs (développées par l'École nationale vétérinaire d'Alfort) ont été mis à contribution, dont 3 chiens venus en renfort des Émirats arabes unis.

Pour la plupart, il s'agit de chiens sapeurs-pompiers, formés à la détection de personnes ensevelies ou égarées, et donc à la détection de sueur. 

« En moyenne, un chien peut détecter entre 200 et 300 personnes par jour. Si 1.000 chiens étaient formés et déployés en France, nous pourrions atteindre près de 300.000 tests journaliers », explique Dominique Grandjean, enseignant-chercheur à l’initiative du projet.

Le Covid-19 n'a pas d'odeur mais une signature olfactive

Dépistage du covid-19 réalisé par un chien sapeur-pompier

« Au début de notre recherche, nous avons très vite constaté que les chiens se figeaient sur l’odeur des personnes positives au Covid-19. Il y avait indéniablement une différence entre la sueur des positifs et celle des négatifs », souligne le professeur Dominique Grandjean.

L'explication : si le virus en lui-même n’a pas d’odeur, les molécules en action laissent une signature olfactive chez les personnes symptomatiques et asymptomatiques. 

Des perspectives ouvertes pour d'autres diagnostics

Cette étude, inédite par son ampleur à l'échelle internationale, a permis de prouver scientifiquement l’efficacité des tests canins, avec l’espoir de faire valider cette technique innovante, à l’instar de ce qui se pratique déjà dans plusieurs pays.

Par ailleurs, cette technique offre des perspectives prometteuses dans d'autres champs diagnostics qui devront être accompagnées par la mise en place d'une filière complète de formation des chiens comme des professionnels.