La Textilerie, la ressourcerie parisienne du vêtement

À la fois boutique de créateurs, friperie et atelier de couture, la Textilerie vient d’ouvrir ses portes à Paris 10e. Un lieu collaboratif dédié aux vêtements durables et au « do it yourself » (faites-le vous-même), soutenu par la Région.

Nichée dans le 10e arrondissement derrière la gare du Nord, la Textilerie est un lieu original. Ici, le vêtement devient durable et porteur de sens ! Sur 130 m2, la Textilerie s’articule autour de deux pôles, la recyclerie et l’espace création. Un café et un atelier de couture complètent ce nouveau « spot » créatif.

 

Une micro-filière éco-responsable du textile

La Textilerie : 22, rue du Château-Landon 75010 Paris. Tél. : 01 40 35 77 14. Site : www.latextilerie.fr
Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h30 et le samedi de 10h à 19h30.
Les dons de vêtements (même troués ou abimés mais propres et secs) peuvent s’effectuer aux heures d’ouverture sans rendez-vous.

À l’origine de ce projet, deux amies : Alice Merle et Elsa Monsegur. « Je suis une ancienne adepte de la fast-fashion, c’est-à-dire du renouvellement très rapide des vêtements », explique Elsa Monsegur. En changeant de vie professionnelle, j’ai voulu remettre en cause ce mode de fonctionnement. Habituée à fabriquer des bijoux et des petits accessoires pour mes copines, je me suis emparée de la machine à coudre de ma mère pour transformer certains vêtements de sa garde-robe. Au fur et à mesure, j’ai commencé à m’intéresser à la filière textile, aux matières. Et j’ai eu envie de me reconvertir dans ce secteur. » Sa rencontre avec Alice Merle, alors présidente de Mode Estime – une association de réinsertion par la couture – est déterminante. De leurs envies communes est née une même ambition : celle de recréer une micro-filière éco-responsable autour du textile pour les particuliers. Pour concrétiser ce projet, les deux femmes ont reçu une aide de 16.500€ de la Région Île-de-France, destinée à financer les travaux des locaux ainsi que leur équipement. Trois salariés devraient aussi pouvoir être recrutées d’ici juin.

 

La fripe, source de création

Dans la partie boutique, on trouve une centaine de références de tissus en coton bio vendus au mètre. « Tous ont reçu une certification garantissant que chaque acteur de la chaîne respecte les règles de l’organisation mondiale du travail », précise Elsa. À proximité de ces rouleaux colorés sont exposés des vêtements et des accessoires de créateurs. La plupart sont conçus à partir de matériaux de récupération. C’est le cas des coussins et des poufs de la marque « La Tête dans les nuages », réalisés avec les toiles de montgolfières et d’emballages en polystyrène broyé. Dans l’autre partie se situe la friperie. On peut y dénicher des vêtements de seconde main, collectés auprès de particuliers, pour des prix allant de 1 à 40€.

 

Un atelier pour apprendre

Au loin, un ronronnement de machines révèle une autre ambition de la Textilerie : celle de transmettre son savoir-faire aux néophytes comme aux plus confirmés. Des cours de couture y sont dispensés chaque jour. Faire un patron, réaliser un kimono, transformer une chemise en jupe… les idées ne manquent pas ! Les apprentis couturiers sont par ailleurs les bienvenus, qu’ils aient besoin d’un coup de pouce pour réaliser un projet personnel ou simplement de louer l’une des machines de l’atelier. « Nous avons envie de proposer d’autres types de cours prochainement, et notamment des sessions pour enfants le mercredi après-midi », s’enthousiasme Elsa Monsegur. Certains vendredis, une permanence de type « repair café » permet d’apprendre à recoudre un bouton, de faire un ourlet ou d’effectuer une retouche rapide sur un vêtement abimé. Car à la Textilerie, rien ne se perd, tout se transforme… ou change de main !  

Objectif régional : transformer les déchets en ressources !
La Région Île-de France s’est engagée vers un objectif « zéro déchet ». Il s’agit notamment de relever le défi de l’économie circulaire, c’est-à-dire de considérer les déchets que nous produisons comme des ressources, afin de passer d’un modèle linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) à un modèle en boucle (produire des biens et services en limitant fortement la consommation et le gaspillage et en les recyclant en fin de vie). Pour y parvenir, la Région favorise la création de ressourceries ou l’amélioration de ressourceries existantes.

Photo : © Guillaume Binet/MYOP

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