Publié le 22 avril 2022

Entretien avec Isabelle Sorente, romancière en résidence d'écrivains de la Région

L'auteure du « Complexe de la sorcière » est, depuis janvier 2022, à la Maison des étudiants de la francophonie, à Paris, pour écrire mais aussi pour partager sa passion de la littérature avec le public au cours d'ateliers. Elle nous parle de cette expérience mutuellement enrichissante, soutenue par la Région.

    Isabelle Sorente, à qui l'on doit 180 jours, La Faille ou encore Le Complexe de la sorcière, a commencé, en janvier 2022, une résidence d’écrivains soutenue par la Région à la Maison des étudiants de la francophonie, rattachée à la Cité internationale universitaire de Paris (14e).

    Au-delà de la passion commune pour la littérature qui anime tous les participants, l’auteure de 51 ans retient surtout la synergie qui se crée entre tous les résidents à cette occasion.

    3 questions à Isabelle Sorente, en résidence d’écrivains à la Maison des étudiants de la francophonie

    Que vous apporte votre résidence d'écrivains à la Maison des étudiants de la francophonie ?

    Isabelle Sorente : Mes échanges avec ses résidents ont tout de suite été placés sous le signe d’une passion commune pour la littérature et la fiction. Ceux qui participent aux ateliers d’écriture et de lecture ne sont pourtant pas tous étudiants en littérature. Certains terminent des études de psychologie, de mathématiques ou de médecine. Mais tous sont littéraires, au sens où tous croient au pouvoir du récit, de la poésie, de la fiction.

    Ce qui est extrêmement inspirant aussi, c’est de constater qu’avec certains étudiants (notamment en atelier d’écriture, où le nombre de participants est plus réduit, ce qui rend l’ambiance plus intimiste), nous partageons souvent des références communes, voire des livres cultes. Par exemple Les Détectives sauvages, de Roberto Bolano, ou Just Kids, de Patti Smith. Cela fait partie de la magie de cette résidence : constater que l’amour de la littérature est un patrimoine commun et qu’il nous réunit.

    Comment décririez-vous les rapports avec les autres résidents ?

    I.S : Ces ateliers d’écriture ont aussi ceci de particulier que tous les participants ne sont pas francophones. Certains écrivent dans leur langue maternelle et traduisent leurs textes pour les partager avec le groupe. Ce qui montre combien la passion de la fiction est forte, comme celle d’échanger ensemble sur les motivations des personnages, la poésie d’une situation ou son caractère tragique. Il n’est pas rare non plus que les textes soient inspirés par l’actualité tourmentée que nous traversons ou par les situations personnelles des participants.

    La transmission et le secret sont des sujets récurrents dans mon travail, y compris dans mon roman en cours. Et c’est l’un des thèmes que nous explorons durant cette résidence. Enfin se créent des rencontres qui n’étaient pas « prévues au programme », notamment sur le thème des sorcières (autre thématique de la résidence) qui vont donner lieu, par exemple, en plus des temps de rencontres déjà prévus, à une exposition en partenariat avec la bibliothèque de la Cité universitaire qui permettra d’associer travail textuel et dessins.

    Je fais l’expérience dans cette résidence d’une forme de magie, d’une atmosphère d’effervescence créatrice... »

    Isabelle Sorente, romancière

    Quel est l'apport de cette expérience dans votre travail de création ?

    I.S : Au-delà du dispositif proprement dit, je fais l’expérience dans cette résidence d’une forme de magie, d’une atmosphère d’effervescence créatrice, de discussions permanentes, qui me donnent certains jours le sentiment d’être à l’intérieur de l’un de ces romans sud-américains où tous les personnages, quelle que soit leur origine, se retrouvent unis par la littérature.

    38 auteurs soutenus par la Région en 2021

    Les résidences écrivain symbolise parfaitement la politique régionale du livre. En favorisant largement la création littéraire, le programme met également en relation les auteurs, les illustrateurs ou les traducteurs avec des lieux culturels (Palais de la Porte Dorée, Maison de la Francophonie, médiathèques, etc...) ou des établissements scolaires et leurs publics.

    Un dispositif novateur auquel ont par exemple participé notamment les écrivains Tanguy Viel, Maylis de Kerangal ou encore Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021. Durant l'année 2021, 38 auteurs auront été aidés, participant à autant de résidences écrivain dans des lieux culturels franciliens.

    Un projet de résidence soutenu par la Région est élaboré conjointement par l’auteur et le lieu d’accueil.

    Il permet de mettre en place des actions comme : 

    • Des ateliers d’écriture ou de lecture, 
    • Des rencontres littéraires,
    • Des master class,
    • Des partenariats avec des lycées, bibliothèques ou librairies…

    ► Plus d’infos sur le Programme de résidences d’écrivains.

    L'aide régionale à la chaîne du livre en 2021 en chiffres

    • 38 auteurs aidés dans 38 résidences d'écrivains,
    • 15 éditeurs aidés pour des projets éditoriaux exceptionnels ou des actions de promotion,
    • 89 librairies aidées,
    • 11 groupements de professionnels aidés (libraires, éditeurs, bibliothèques et médiathèques),
    • 47 manifestations littéraires organisées en Île-de-France,
    • 27 collectivités aidées pour leurs projets de lecture publique,
    • 100 boites à livres dans les gares franciliennes,
    • 14.500 lycées, 129 auteurs, 82 bibliothèques et 82 librairies participant à des actions d'éducation artistique et culturelle autour du livre et de la lecture.