3 mars 2015

Éducation à l'image : au BAL, ouvrez les yeux !

La Région renouvelle son soutien au BAL, une association qui agit auprès des lycéens dans une démarche d'éducation à l'image. 

« Mon Œil ! »: un programme d'éducation à l'image original lancé par le BAL

À l’heure où les réseaux sociaux s’enflamment sous les commentaires acerbes de ceux qui se sentent « éloignés des médias », « peu représentés », « n’ayant pas le droit à la parole », quoi de mieux, pour les jeunes, qu’un programme d'éducation à l’image qui rapproche celui qui crée et celui qui observe, créant une passerelle intelligente entre les deux univers ?

La Région aussi. Pour rappel, le service cinéma de la Région est lui-même en charge d'un dispositif d'éducation à l'image des jeunes : c'est « Lycéens et apprentis au cinéma », qui permet de décrypter cette année des films comme L’impossible Monsieur Bébé de Howard Hawks, Les Yeux sans visage de Georges Franju et Bonnie and Clyde d'Arthur Penn. Plus d'infos dans la brochure présentant l'édition 2014-2015.

C’est le pari du BAL, célèbre lieu parisien dédié à la photographie, qui, pour initier les jeunes à la société des images, a mis en place un programme d'actions pédagogiques et d'éducation à l'image appelé « Mon Œil ! ». Son objectif : donner aux jeunes franciliens des clés, des méthodologies et des outils pour interroger le monde dans lequel ils évoluent. Le tout est pensé afin de développer un regard critique, encourager les élèves, les conduire à puiser dans leurs connaissances pour réagir à la nouveauté et favoriser le dialogue.

Depuis septembre 2008, cette plateforme s'adresse chaque année à 2.000 collégiens et lycéens de l’éducation prioritaire provenant de 65 établissements d'Île-de-France. Grâce à l'équipe dynamique de La Fabrique du Regard, l'idée est de « former des citoyens-regardeurs » et de « faire comprendre aux jeunes comment les images se font et ce qui conditionne notre regard sur elles », écrit Diane Dufour, la directrice du BAL, sur leur site Internet

En engageant une réflexion transversale autour de l’image photographique ou cinématographique, en réunissant plusieurs champs d’expériences et de connaissances, en travaillant collectivement aux côtés d’un artiste, en ouvrant les portes de milieux professionnels liés à l’image, on incite des élèves de seconde, première et terminale (généralistes, professionnelles et technologiques) à prendre position, à accéder à une certaine autonomie du regard et de la pensée. On favorise des habitudes culturelles. On fait tomber un certain nombre de barrières psychologiques afin que les lycéens issus d'établissements plus excentrés puissent se sentir proches des quartiers relevant de la politique de la ville.

Éducation à l'image : une action en quatre temps

Au cours d'une année, quatre ateliers d'éducation à l'image sont menés sur le temps scolaire :

  • L’image exposée permet de découvrir l’œuvre d’un photographe et de participer à la mise en place d’une exposition au BAL.
     
  • L’image projetée développe des réflexes d'analyse de l’image en mouvement et aide à en débattre ensuite. Il s'appuie pour cela sur des projections de courts documentaires organisées dans des lieux culturels parisiens.
     
  • L’image publiée invite à réfléchir en classe aux enjeux éditoriaux des photographies publiées dans les livres, la presse, les sites Internet.
     
  • L’image expérimentée consiste à organiser une rencontre avec un professionnel de l’image ou, selon les établissements, à mettre en place un atelier de recherche et de création avec un artiste.

« Le fait que nous ayons renouvelé un quart des établissements cette année est révélateur, commente la coordinatrice générale de la Fabrique du Regard, Marie Doyon. En déplaçant les choses, en sortant un peu du cadre scolaire, on crée une nouvelle dynamique pour le lycéen comme pour l’enseignant, qui, après ces réflexions et ces échanges, finit par voir son élève différemment. »