Le nouveau Schéma régional de l’enseignement supérieur et de l’innovation adopté

Faire de l’Île-de-France l’une des régions les plus attractives du monde en matière d’enseignement supérieur et de recherche et le 1er territoire mondial en matière d’innovation : tel est l'objectif du SRESRI, adopté par les élus ce 21 septembre.

Dotés de près de 108 M€ en 2017, l'enseignement supérieur et la recherche font partie des secteurs dans lesquels la Région investit pour booster la croissance et l'attractivité de l'Île-de-France.

Qu’est-ce que le SRESRI ?

Le SRESRI – Schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation – est le document qui définit la stratégie régionale en matière d’enseignement supérieur de recherche et d’innovation pour la période 2017-2021 (pour télécharger le SRESRI, cliquer ici ou sur le visuel ci-contre). Élaboré par la Région avec les acteurs du territoire, il vise à favoriser l’attractivité, la croissance et l’emploi et à faire de l’Île-de-France l’une des régions les plus performantes et attractives du monde.

Pourquoi un tel document ?

Parce que c’est une obligation pour les Régions en tant que chefs de file en matière d’innovation, de recherche et d’enseignement supérieur (Loi NOTRe de 2015) et parce que la Région souhaite optimiser son exceptionnel potentiel scientifique et universitaire et valoriser ses nombreux atouts à l’échelle internationale. 

Quels objectifs et quelles mesures clés ?

L’innovation, la qualité et l’excellence sont au cœur de cette stratégie régionale, qui se structure autour de 3 grandes orientations :

  • S’orienter, se réorienter, se former et s’insérer tout au long de la vie,
  • Faire de l’Île-de-France une référence mondiale en matière de science et de technologie,
  • Soutenir des universités et des campus franciliens de niveau mondial.

Il découle de cette stratégie 10 mesures clés :

1. Mettre à disposition de tous les Franciliens un portail moderne et interactif de l’orientation, des métiers et de l’emploi 

La Région va développer et de mettre à disposition de tous un portail de l’orientation, des formations et de l’emploi. Ce portail vise tant les publics qui ont besoin de construire leur parcours professionnel (lycéens, apprentis, étudiants) que les actifs qui ont besoin de se réorienter (demandeurs d’emplois, salariés). Il sera disponible d’ici à la fin de l’année 2017 et servira aussi aux professionnels du Service public régional de l’orientation, et à ceux de l’emploi dans les territoires franciliens. Il présentera également la carte des formations sanitaires et sociales et permettra une meilleure information sur les métiers porteurs dans ces différents secteurs.

2. Faire en sorte que les Franciliens méritants puissent accéder à l’enseignement supérieur  

La Région veut permettre à chaque élève de poursuivre des études supérieures à la hauteur de ses aspirations et de ses compétences. L’action régionale débute donc dès le lycée par la mise en place d’actions partenariales visant à encourager l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur, et ce, quel que soit leur milieu socio-culturel. Acteur clé dans le dispositif des Cordées de la réussite, la Région souhaite en démultiplier le nombre afin d’atteindre 150 Cordées d’ici 2020. L'objectif est également de développer le dispositif dans les zones rurales, ainsi que dans les filières professionnelles et techniques. Enfin, puisque chaque individu doit avoir la chance de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur, la Région participe au développement de la formation tout au long de la vie.

  • Financement du cursus DAEU (Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires, équivalent au niveau bac) proposé par 14 universités franciliennes et en aidant individuellement, sous certaines conditions de revenus et de projet professionnel, 555 des 1.050 étudiants inscrits dans ces cursus,
  • Aide financière octroyée aux boursiers ayant obtenu leur bac avec mention « très bien » et qui poursuivent leurs études dans le supérieur en Île-de-France. Près de 2.500 bacheliers sont concernés par ce dispositif en 2017.

3. Soutenir le développement de formations supérieures courtes et professionnalisantes qui répondent aux besoins du tissu industriel francilien 

Parce que la vie professionnelle se compose d’une succession voire d’une superposition de périodes d’emploi, de formation et parfois de chômage, la formation tout au long de la vie est devenue inontournable. Il faut développer de nouvelles formations supérieures (courtes, partenariales, professionnalisantes). La Région s'y attelle pour la réussite des jeunes, l’employabilité, le développement des secteurs économiques les plus porteurs.

4. Soutenir les réseaux de recherche d’excellence (DIM, SESAME) mobilisés sur les enjeux stratégiques de la Région pour maintenir la recherche francilienne au plus haut niveau dans l’intense compétition scientifique mondiale 

Le soutien à une recherche d’excellence est essentiel. Plusieurs instruments (DIM, SESAME, Chaires, etc.) existent et vont encore monter en puissance dans les années à venir (9 DIM + 4 émergents, créés fin 2016). En lien avec le Conseil scientifique régional, le soutien à l’émergence de forces de recherche par le soutien direct à des projets « risqués » et/ou prometteurs de jeunes chercheurs et/ou à la structuration de forces de recherche, va être renforcé.

5. Accompagner l’entreprenariat et les projets collaboratifs réunissant étudiants, chercheurs et entreprises  

La Région souhaite créer des ponts entre 2 mondes qui ne se connaissent pas forcément : les enseignants-chercheurs et leur environnement économique (PME-ETI, entreprises…). Les objectifs sont de :

  • Faire émerger des laboratoires communs académiques/entreprises sur certaines filières,
  • Soutenir des tiers-lieux et des incubateurs portant des projets d’étudiants ou proposés par des chercheurs,
  • Financer des chaires industrielles sur des thématiques de recherche intéressant directement le territoire,
  • Développer des équipements de recherche mutualisés avec des entreprises sur une filière identifiée,
  • Mobiliser les étudiants dans leur rôle de « passeur » entre le monde académique et celui de l’entreprise.

6. Améliorer la lisibilité notamment internationale de l’écosystème ESRI francilien et de son potentiel R&D  

L’Île-de-France doit être un territoire scientifique et technologique reconnu avec pour ambition de devenir la 1re région scientifique, technologique et économique d’Europe et l’une des plus importantes au monde. Pour y parvenir, des groupes de travail vont être mis en place pour améliorer la visibilité à l’international. Parmi leurs objectifs envisageables : la construction d’outils partagés de marketing territorial, la mise en place d’une cartographie des lieux de recherche, de transfert de technologie, d’innovations et de compétences sur le territoire, la mobilisation de nos étudiants qui doivent devenir les ambassadeurs de la Région lorsqu’ils sont à l’étranger, la multiplication de partenariats avec nos pays prioritaires.

7. Démocratiser l’accès à la culture scientifique pour tous les Franciliens  

La mise en valeur des forces scientifiques et technologiques de la Région ne doit pas se limiter à un public spécialisé. Les initiatives à destination du grand public et notamment des jeunes sont essentielles. Il faut rapprocher science et société civile pour générer de nouvelles vocations, de nouveaux usages ou reflexes, car les emplois et les industries de demain ne pourront se préparer qu'en valorisant les carrières scientifiques et technologiques auprès de la jeunesse.

8. Favoriser des nouveaux modèles de campus franciliens à rayonnement international  

Même si la Région est fortement concurrencée par d’autres régions du monde, elle conserve une forte attractivité : 35% des étudiants étrangers accueillis en France (soit 107.000) choisissent l’Île-de-France pour leurs études. C’est plus du tiers, et ce nombre a augmenté de 4,5% entre 2012 et 2015. La Région va accompagner l’internationalisation des campus et être facilitateur pour leur montée en puissance. Elle souhaite ainsi promouvoir la constitution d’universités et de campus de haut niveau, adaptés aux transformations de « l’économie de la connaissance » et à la révolution digitale.

9. Soutenir le développement de la pédagogie numérique innovante  

Les mutations induites par le développement du numérique constituent un véritable enjeu qui aura un impact fort sur la formation des individus. Le secteur numérique concourt également à la création d’activités et d’entreprises nouvelles, souvent portées par des étudiants ou de très jeunes diplômés. La formation à l’entreprenariat constitue donc une des objectifs prioritaires de l’enseignement supérieur.

10. Renforcer la mobilité internationale des compétences (chaires Blaise Pascal, mobilité internationale des étudiants…)  

L’Île-de-France est dotée d’établissements et d’universités parmi les meilleurs à l’échelle nationale, européenne et mondiale (Polytechnique, HEC, ENS, Centrale, Mines, Université Pierre et Marie Curie, Paris-Sud…). Cependant, malgré le bon positionnement des universités, écoles, établissements franciliens, trop peu d'entre eux entrent dans le top 50 des différents classements. La Région veut réunir toutes les conditions pour rendre ses campus et établissements attractifs, et pour favoriser l’expérience étudiante. Cela passe par une politique régionale générale sur les conditions de vie des étudiants et chercheurs.

Photo : bibliothèque universitaire Les Cerclades, université de Cergy-Pontoise © Ludovic Le Couster/Picturetank