16 février 2015

Du champ à l'assiette, un système alimentaire déséquilibré

Si le secteur agro-alimentaire représente 470.000 emplois en Île-de-France, il existe un déséquilibre entre l’amont, c’est-à-dire la production et la transformation des aliments, et l’aval, notamment le commerce alimentaire, la restauration.

Le système alimentaire francilien, secteur économique majeur

Le système alimentaire francilien doit approvisionner chaque jour 12 millions d’habitants. Du producteur de légumes de Seine-et-Marne au restaurateur parisien, en passant par les cantines des lycées ou la supérette de petite couronne, il représente 90.000 entreprises et 470.000 emplois. Autant dire un secteur économique de premier plan, marqué en Île-de-France par un déséquilibre entre l’amont, c’est-à-dire la production et la transformation des aliments, et l’aval, notamment le commerce alimentaire, la restauration…

Quand, en France, 57 % des emplois du secteur se concentrent sur l’aval, cette proportion monte à 84 % en Île-de-France. Des chiffres qui s’expliquent notamment par l’importance du bassin de consommation francilien, entre habitants et touristes. « On note par exemple le poids très important du commerce de gros dans la région, grâce à la présence sur notre territoire du marché international de Rungis (94), explique Laure de Biasi, de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (IAU ÎdF). Les productions y arrivent de partout, mais 65 % des ventes sont à destination de l’Île-de-France ! »

Présence forte des marchés et des petits commerces

Si le système alimentaire est déséquilibré, c'est aussi dû aux habitudes alimentaires des Franciliens : « Ils travaillent souvent loin de chez eux, donc mangent à l’extérieur le midi, d’où l’importance de la restauration de détail dans notre région », analyse Laure de Biasi. Autre caractéristique francilienne : la bonne résistance des petits commerces et surtout le maillage très dense des marchés.

Rapprocher producteur et consommateur, priorité de la Région

Enfin, au sein du système alimentaire francilien, la logistique est l’objet d’une préoccupation accrue : comment, dans une région à la fois dense mais où la circulation reste problématique, peut-on rapprocher producteur et consommateur sans recréer d’intermédiaires ? Une question d’autant plus prégnante pour les produits alimentaires, et sur laquelle les pouvoirs publics se penchent de plus en plus. Dans ce cadre, la Région soutient notamment l’opération « Franprix entre en Seine », qui livre par voie fluviale les marchandises dans une centaine de magasins à Paris et à Boulogne-Billancourt (92).