17 mars 2016

Des logements pour attirer les enseignants dans les lycées en Île-de-France

Salle de classe lycée Rambouillet
Crédit photo : Conseil régional Ile-de-France

Pour attirer les enseignants dans les lycées en Île-de-France qui rencontrent le plus de difficultés à recruter, la Région veut faciliter l’accès à son parc de logement social pour les enseignants qui s’engageraient à rester en poste cinq ans.

« En étant confrontés à des classes sans professeurs lors de leur rentrée, puis à des enseignants contractuels affectés tardivement ou à une succession de remplaçants et de contractuels, les élèves dionysiens ont été placés dans une situation défavorable aboutissant à une rupture du principe à valeur constitutionnelle d'égalité des usagers devant le service public. » Ces mots sont ceux du Défenseur des droits, saisi par les élus de Seine-Saint-Denis en 2015. Ils rappellent à quel point certains territoires souffrent d’un manque d’enseignants. Une situation qui va de la maternelle au lycée. 

Les académies de Versailles et de Créteil en première ligne

En France, pas moins de quinze académies (sur les vingt-six qui composent la France métropolitaine) sont confrontées à ce déficit d’enseignants. Mais c’est en Île-de-France, dans les académies de Versailles et de Créteil, que la situation est la plus critique. Dans ces deux cas, quand cinq enseignants formulent des demandes de mutation vers d’autres territoires, on enregistre deux candidatures sur les postes libérés.

Du côté de l’État, qui est chargé du recrutement des enseignants, des réponses ont vu le jour, avec le recours à des contractuels. Une solution qui génère d’autres problèmes : ces contractuels sont moins expérimentés, alors qu’ils arrivent dans des classes où les difficultés scolaires sont importantes. Confrontés à cette réalité, ils quittent rapidement leur poste. Un turn-over qui alimente à son tour la spirale de l’échec et des inégalités territoriales.


Un dispositif gagnant-gagnant pour les lycées en Île-de-France

L’exécutif régional souhaite donc trouver des solutions concrètes pour donner aux enseignants l’envie de rester dans ces académies en pénurie, en favorisant une approche à la fois pragmatique et volontariste. En tant que financeur de l’habitat social en Île-de-France, la Région dispose d’un contingent de logements sociaux. Elle propose donc de mobiliser ce parc pour permettre de loger les enseignants nouvellement nommés dans les départements les plus touchés par ce déficit. Mais la Région veut mettre en place un dispositif gagnant-gagnant. Elle demande ainsi à l’État que les professeurs qui bénéficieront de ces logements s’engagent à rester dans leur lycée pendant au moins cinq ans. L’idée, portée par Valérie Pécresse avant même son arrivée à la tête du Conseil régional, a été rappelée avec force le 4 février dernier, à l’occasion de la réunion des proviseurs des lycées en Île-de-France. Avec le vote de ce nouveau dispositif, la mesure pourra entrer en vigueur dès que l’État aura signé la convention fixant les contreparties à cet effort très concret de la Région.