Publié le 3 mai 2022

Deepki, pépite francilienne de la GreenTech, a levé 150 millions d'euros

Deepki

Crédit photo : Deepki

Accompagnée par la Région via PM'up à sa création, la start-up conceptrice d'un logiciel capable de mesurer l'impact environnemental des bâtiments est en pleine expansion. Elle entend renforcer sa position de leader dans le monde de la ClimatTech en se développant aux États-Unis et en Europe. Rencontre avec Vincent Bryant, son fondateur.

Deepki en chiffres

  • Plus de 400 millions de m² surveillés,
  • Présent dans 38 pays,
  • Plus de 250 clients dans le monde entier.

Soutenue par la Région depuis ses débuts, Deepki, spécialiste de l’usage de la data en faveur de l’efficacité énergétique dans l’immobilier, est sous le feu des projecteurs.

La « green » start-up francilienne vient d'annoncer une levée de fonds record de 150 millions d’euros. De quoi lui permettre de financer son expansion aux États-Unis, mais aussi en Europe. 

Créée en 2014, Deepki a bénéficié du programme PM’up (désormais appelé « PM'up Relance») de la Région Île-de-France en 2015 et en 2019.

Un accompagnement qui lui a permis de grandir sereinement et de s’imposer aujourd’hui en tant que leader de son secteur. 

Deepki, mesure la performance environnementale des bâtiments

Concrètement, Deepki a développé un logiciel capable de mesurer la performance énergétique des bâtiments en recueillant de nombreuses données, afin de réduire leur impact environnemental.

Factures d’énergie et d’eau, exposition au soleil, détails de construction, émissions de déchets… le logiciel agrège des milliers d’informations puis les utilise pour évaluer la performance environnementale des bâtiments en vue proposer des améliorations. 

De quoi séduire les grands groupes immobiliers du privé comme du public, d’autant que ce secteur représente à lui seul 25% des émissions de gaz à effet de serre en France et jusqu’à 40% à l’international. L’immobilier de demain sera vert ou ne sera pas grâce à Deepki. 

Entretien avec Vincent Bryant, co-fondateur et président de Deepki

Le fondateur de la pépite francilienne de la GreenTech, Vincent Bryant, nous parle de Deepki, sa solution et son actualité. 

Expliquez-nous comment Deepki accompagne les acteurs de l’immobilier dans leur transition zéro carbone ?

Vincent Bryant : Tout le monde sait que le changement climatique n’est plus une hypothèse. Nous devons tous prendre nos responsabilités. Et la façon dont on construit les bâtiments et comment on les utilise a un impact fort sur le climat. C’est un secteur très émetteur de CO2 et il y a un intérêt très fort des acteurs pour des raisons réglementaires et financières à mettre en place de nouvelles stratégies. Nous sommes là pour leur fournir une plateforme logicielle afin de les aider à mettre au niveau leur patrimoine. Cela concerne donc les grands groupes privés, mais aussi des entreprises qui occupent des patrimoines, comme des chaînes d’EHPAD, chaînes de restaurant, de magasins, d’hôtels, de collectivités locales…

On a la chance d’être un leader français qui a aujourd’hui un véritable impact à l’international. »

Vincent Bryant, cofondateur de Deepki

Aujourd’hui on a 180 collaborateurs basés dans 5 grandes villes d’Europe, à Paris, Berlin, Milan, Madrid et Londres. Et notre logiciel est déployé dans 38 pays dans le monde. Lors de la levée de fonds, nous n'avons pas trouvé de concurrent dans le monde quoi soit aussi « important » que nous. On a la chance d’être un leader français qui a aujourd’hui un véritable impact à l’international. Nous sommes très heureux, mais nous restons humbles, d’autant que de grands groupes s’apprêtent également à se positionner sur ce secteur. 

Comment se présente votre solution ? Quelles données utilisez-vous pour réaliser vos diagnostics ?

V. B. : Il faut vraiment voir notre application comme un fil permanent qui va envoyer des recommandations de manière automatique. Nous, nous nourrissons de données qui existent à chaque instant. En premier lieu, on relève les données patrimoniales : quel bâtiment, de quelle taille, construit en quelle année, pour quelle utilité, à quelle adresse, etc. Ensuite on va chercher des informations d’usage : les horaires d’ouverture, le chiffre d’affaires, le nombre de clients... Puis les informations techniques et environnementales comme les équipements, les consommations d’énergie, les volumes de déchets… Et enfin, l’open data qui vient enrichir les données que l’on récupère. Tout cela permet d’affiner l’analyse de la performance énergétique de ces bâtiments.

Pourquoi l’impact environnemental de l’immobilier est-il devenu une véritable problématique aujourd’hui ? Comment expliquez-vous cette « tendance » ? 

V. B. : Nous sommes partis d’une conviction. Ce qu’on voulait c’était avoir un impact massif sur l’environnement. L’immobilier étant un gros émetteur de CO2, il fallait s’en occuper. Il y a eu une prise de conscience des acteurs de l’immobilier car tout ceci a impacté la valeur même des bâtiments. Car aujourd’hui, les bâtiments à la faible performance environnementale subissent une décote et perdent de la valeur. Enfin, il y a eu une accélération de la réglementation en la matière en France et en Europe notamment. J’ai aussi le sentiment que la crise Covid a également permis une certaine prise de conscience supplémentaire sur les sujets environnementaux. 

Vous êtes « suivi » par la Région depuis vos débuts, comment cela vous a-t-il  a permis d’avancer dans votre projet ?

V. B. : En Île-de-France nous avons la chance incroyable de bénéficier d’infrastructures incroyables et d'un vivier de talents remarquable L’accompagnement de la Région va bien au-delà de l'aide PM’up. Nous avons été invités à de nombreux événements, mais aussi aidés pour de la mise en relation et de la promotion de notre solution. Le volet financier nous a permis de réaliser nos études de marché. Cela a vraiment été un accélérateur. 

Deepki est aujourd’hui mis en lumière dans l’actualité, grâce notamment à votre importante levée de fonds. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour Deepki ? 

V. B. : Nous sommes très fiers de cette levée de fonds, avec des investisseurs français, européens et internationaux. Ce n’est pas une finalité en soi. On l’a fait car nous voulons accélérer et profiter d’un momentum sur le marché. Être leader c’est aussi des responsabilités. Il est urgent de consolider notre position et partager notre vision avec les autres acteurs. Nous ne voulons plus simplement contribuer, mais agir véritablement, avoir  un impact sur le climat le plus large possible. Et pour cela nous allons recruter. En 2022, nous prévoyons d'embaucher 200 personnes et, en 2023, 400 personnes. Cette dimension sociale de notre projet nous rend fiers également.