La rédaction

De nouvelles mesures pour lutter contre les déserts médicaux

Avec une commune sur deux sans médecin généraliste, l’Île-de-France est le premier désert médical français. Aides à l’installation de médecins, sécurisation des cabinets médicaux et développement de la télémédecine font partie des mesures lancées par la Région pour y remédier.

Depuis 2010, le nombre de médecins pratiquant en Île-de-France a baissé de 6%. En 2017, la moyenne d’âge des omnipraticiens franciliens s’élève à 57 ans et 44% des praticiens ont plus de 60 ans. Plus de 650 petites communes franciliennes n’ont pas de médecin généraliste, soit 430.000 Franciliens impactés.

Pour faire face à ce phénomène, la Région a pris des mesures concrètes : financement des maisons de santé et aide à l’installation de médecins. Lors de la plénière du Conseil régional, ce 21 septembre, de nouvelles pistes de lutte contre la désertification médicale ont été lancées et en 2017: 3,5M€ seront ainsi consacrés à la lutte contre les déserts médicaux.

Aider à la formation et à l’installation des professions paramédicales

Les professionnels paramédicaux, infirmiers et kinésithérapeutes, ainsi que les sages-femmes jouent un rôle clé pour les habitants des zones déficitaires en structures médicales. La Région propose de promouvoir ces professions dans les centres de formation sanitaires et sociales, d’inscrire au Schéma des formations une augmentation des places en formation pour les kinésithérapeutes, et a d’ores et déjà fait figurer les sages-femmes franciliennes sur le site Ipass contraception.

Concernant les étudiants en paramédical désireux de s’installer dans un territoire carencé, la Région pourra leur accorder un soutien financier pendant leur formation. Ainsi, les masseurs-kinésithérapeutes et les sages-femmes pourront bénéficier d’une bourse régionale  de 700 € par mois pendant leurs deux dernières années de formation en contrepartie d’une installation de 3 ans minimum dans les territoires en manque de médecins pour y redynamiser l’offre de soins. De plus, un dispositif incitatif de soutien aux masseurs-kinésithérapeutes est également en cours de réflexion en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS). Une convention va ainsi être signée pour redynamiser l'offre de soins ambulatoires.

Pour aider et inciter les jeunes médecins à s’installer dans les zones tendues, la Région va travailler avec l’ARS pour promouvoir les aides régionales existantes, avec une intervention directe dans les territoires et les facultés.

 

Élargir les aides aux médecins de secteur 2

Tout en poursuivant en priorité son aide aux structures pluridisciplinaires et d’exercice collectif comme les maisons de santé, la Région décide d’élargir son aide à l’installation des médecins de secteur 2 (honoraires libres mais encadrés par l’Assurance maladie).

 

Soutenir les projets de télémédecine

L’e-santé offre de nombreuses possibilités de suivi des patients, avec des outils dématérialisés qui permettent une meilleure prise en charge dans le cadre des maladies chroniques et des affections longue durée, avec une approche à la fois préventive et curative. Dans le cadre de la Smart Région, la Région souhaite, en collaboration avec l’ARS, étudier la création de solutions numériques permettant aux Franciliens un meilleur accès aux dispositifs de prévention, aux structures de soins et contribuer ainsi au désengorgement des services d’urgences hospitalières.

 

Équiper et sécuriser les locaux de santé

L’aide régionale sera dédiée à l’installation et à la réalisation d’investissements relatifs à l’acquisition foncière, travaux, équipements médicaux, informatiques : 50% des dépenses avec un plafond de 15.000€ pour les équipements individuels et de 150.000€ pour les équipements collectifs. L’aide à l’acquisition foncière et aux travaux pour les structures collectives sera fixée à 30% de la dépense dans un plafond de 300.000€.

La Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise et Paris sont les départements les plus touchés par l’insécurité à l’encontre des professionnels de santé : en 2014, 91 plaintes y ont été déposées. Face à ce constat, et afin de garantir aux professionnels de santé des conditions d’exercices optimales, la Région participe à la sécurisation de leurs locaux d’activités, à hauteur de 50% de leurs dépenses dans un plafond de 15.000€.

Photo : © Éric Garault/Picturetank