La rédaction

Ça tourne au bord du lac de Vaires !

Le réalisateur Yann Samuell vient d’achever le tournage de « Ma mère, le crabe et moi », un téléfilm pour France 2 dont la scène finale a pour cadre l’île de loisirs régionale de Vaires. Reportage.

Sur un sentier boueux au bord de l’eau, un groupe d’ados en tenues de sport bigarrées s’échauffent dans le froid d’une matinée d’automne. Des tables sont couvertes de petites bouteilles d’eau, d’oranges et de fruits secs. Des affiches annoncent : « Le cross des collègues contre la faim – Mercredi 21 mars ».

Mais nous ne sommes pas le 21 mars, et ce qui se déroule ce matin-là au bord du lac de Vaires (77), sur l’île de loisirs régionale, n’est pas un cross de collégiens : c’est un tournage. Il suffit de regarder plus attentivement pour découvrir au loin les camions techniques camouflés par des branches d’arbres, les fils électriques partout, les caméras, les perches son et une foule d’adultes affairés. Yann Samuell, réalisateur entre autres de Jeux d’enfants (2003) et La Guerre des boutons (2011), et son équipe achèvent le tournage de Ma mère, le crabe et moi, un téléfilm pour France 2, adapté du roman d’Anne Percin (voir encadré). 

Ma mère, le crabe et moi (90 min), produit par LM Les Films, sera diffusé sur France 2 courant 2018. C’est une adaptation du roman d’Anne Percin, paru aux éditions du Rouergue en 2015. Tania, 14 ans, adolescente insouciante et boudeuse, vit seule avec sa mère Cathy, qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Avec humour et insolence, Tania raconte les bouleversements de sa vie quotidienne : le collège, les profs, les garçons, le courage de sa mère et le lien très fort noué entre elles par le combat contre la maladie.
Réalisé par Yann Samuell, avec Émilie Dequenne (Cathy), Lorette Nyssen (Tania), Jérôme Robart (Franck Parfenon), Miveck Packa (Marlène), Melchïor Lebeaut (Zlatan)

Il s’agit de la dernière scène du film. Entourée par les figurants, la jeune héroïne du téléfilm, Tania, interprétée par Lorette Nyssen, prend le départ du cross. C’est une caméra embarquée sur un drone qui filme la scène, suivant de haut les jeunes sportifs faisant le tour du lac. Plusieurs prises plus tard, c’est la pause. Ensuite, il faudra tourner la scène d’arrivée du cross, et les embrassades entre Tania et sa mère, Cathy (Émilie Dequenne).

 

« Moteur demandé ! »

Le groupe de Tania est mis en place à quelques dizaines de mètres de la ligne d’arrivée. De la tente de l’équipe technique, Yann Samuell surveille la position des caméras. À côté de lui, Rachel consulte le script sur ses genoux : dans cette séquence, Tania aperçoit sa mère parmi les spectateurs, ce qui lui donne la force de mettre toute son énergie en œuvre pour doubler sa concurrente et franchir la première la ligne d’arrivée. « Moteur demandé ! » Les filles se mettent à courir, Damien, qui tient la steadycam (1), les suit en courant en parallèle sur la piste, tandis que derrière les barrières Émilie Dequenne encourage « sa » fille. Marie, la maquilleuse, sa sacoche pleine de poudres, pinceaux et autres accessoires, reste attentive entre chaque prise : « J’ai rougi un peu les joues de Tania, elle était trop pâle pour une fille qui vient de courir pendant une heure. »

« Ok coupez, ça y est on a enfin une arrivée ! », crie, satisfait Yann Samuell, après plusieurs prises et de nombreux essais. Maintenant, il faut retourner la scène sous un autre angle, pour filmer un échange entre Tania et Cathy. Le reste de la scène doit être muet, les figurants sont donc soigneusement replacés où ils étaients ans le plan précédent, et dirigés pour rester animés même sans prononcer une parole : « Allez on se serre dans les bras, on se “checke”, on sourit, on est content d’avoir fini la course, mais pas un bruit ! » Devant la caméra principale, Tania, rejointe par ses amis, lève les bras en l’air en signe de victoire, tandis que Cathy se précipite vers elle. « Maman, on a gagné », lui murmure-t-elle à l’oreille. La scène d’achève avec un gros plan sur les visages de la mère et de la fille, radieux et émus. Le film, lui, finira avec une vue prise d'un drone de la scène du cross au bord du lac de Vaires.

(1) Caméra dotée d'un stabilisateur permettant des prises de vue fluides en mouvement.

Photos : © Olivier Laban-Mattei/M.Y.O.P.