Publié le 6 mai 2020

Covid-19 : « Il y a une belle solidarité entre les producteurs franciliens »

Covid-19 : les producteurs franciliens s'adaptent

Pour faire face à la crise sanitaire, les producteurs de la marque « Produit en Île-de-France » adaptent leur production. Sophie, pâtissière à Médan (78), et Édouard, volailler à Jouarre (77), détaillent leurs solutions innovantes pour maintenir leur activité.

La marque « Produit en Île-de-France », avec laquelle l'organisme régional Île-de-France Terre de saveurs entend apporter une garantie d’origine aux consommateurs, regroupe environ 400 agriculteurs, éleveurs, fromagers ou encore brasseurs franciliens. 

Depuis la fermeture des marchés et autres points de vente, les producteurs franciliens font preuve d’ingéniosité pour adapter leur production. Vente en drive, commande en ligne, livraison exceptionnelle, mutualisation des points de vente… : une page du site d'Île-de-France Terre de saveurs liste toutes les initiatives liées au Covid-19 mises en place par les adhérents de la marque « Produit en Île-de-France ».

Parmi eux, Sophie, pâtissière dans les Yvelines, et Édouard, volailler en Seine-et-Marne, nous expliquent comment ils maintiennent leur activité tout en satisfaisant les papilles des Franciliens.

Sophie Laffitte, pâtissière – « Les Desserts d’ici » à Médan (78) 

Sophie Laffitte pâtissière Les Desserts d'ici

Quelle est votre activité ? 

Sophie Laffitte : Je suis pâtissière à Médan (78). Je fais des desserts traditionnels frais, des pâtisseries sèches, des cakes, des financiers et des pâtes à tartiner. J’utilise des produits exclusivement franciliens, c’est l’ADN de ma pâtisserie. Ma farine provient des Moulins de Brasseuil (78), mon chocolat d’Hardricourt (78), et les fruits sont cultivés à Medan...

En cette période il est d'autant plus important de soutenir les producteurs locaux. Les Franciliens se rapprochent davantage du circuit court.

Habituellement, comment vos desserts sont-ils distribués ? 

S. L .: En temps normal, mes clients passent commande et viennent chercher leurs desserts à l’atelier. Les traiteurs font appel à moi pour les petits fours, pièces montées, etc. Je travaille également avec des épiceries positionnées « terroir », ambulantes ou à la ferme, comme celles de Gally et de Viltain (78). Enfin, mes pâtisseries sèches sont en vente sur des sites Internet comme celui de La ruche qui dit oui ou Pourdebon.com.

Commandez les pâtisseries de Sophie

Comment avez-vous adapté votre production ?

S. L. : Tout d’abord, je ne fais plus venir mes clients à l’atelier, qui se situe à l’arrière de ma maison. J’ai préféré mettre en place un système de livraisons sans contact. Mes clients me joignent par téléphone ou via mon site Internet. Je leur indique l’horaire auquel je passe livrer leur dessert. Ils m’indiquent l’endroit où le déposer et y laissent leur règlement. Mes produits sont  aussi toujours disponibles sur les sites de vente en ligne et dans les épiceries et fermes partenaires. 

Quelles sont les conséquences de la crise sur votre activité ? 

S. L. : Je m’estime heureuse car, grâce à ces solutions, je ne vois pas une grande différence sur mon chiffre d’affaires. La pâtisserie est un domaine très saisonnier. En mars et en avril, il n’y a jamais trop de ventes car peu de grandes fêtes ou de mariages. Les mois à venir seront sans doute plus compliqués si la situation reste telle quelle. Je pense que nous sommes tous angoissés. L'artisanat et la pâtisserie sont là pour garder du positif et égayer les papilles !

Édouard Delaère, éleveur de volailles – « Volailles des Loges » à Jouarre (77)

Edouard Delaère volailles des Loges

Quelle est votre activité ? 

Édouard Delaère : Depuis 3 ans, j’élève des poulets et des pintades dans ma ferme, à Jouarre (77), et je vends aussi des œufs. Mes volailles sont nourries avec du blé et du maïs des fermes voisines, et évoluent en plein air dans un espace de 5 hectares. Mon activité s’est développée grâce aux marchés parisiens, sur lesquels je me rends 3 fois par semaine. Cela représente 95% de mes ventes habituelles.

Comment avez-vous adapté votre production après la fermeture des marchés parisiens ? 

E. D. : Habituellement, les ventes à la ferme représentent un très faible pourcentage de mes revenus. Du jour au lendemain, les marchés ont fermé. Depuis, c’est l’inverse. J’ai mis en place un système de drive : les clients passent leurs commandes et viennent les récupérer à la ferme. J’effectue aussi des livraisons sur 2 de mes marchés habituels. Les clients achètent leurs paniers en ligne et viennent les retirer sur mon étal en respectant les gestes barrières. Mes volailles sont aussi en vente sur des sites d'épiceries en ligne.

Quel est l'impact de la crise sur vos ventes ? 

E. D. : Dans un élevage de volailles, avec l’éclosion des poussins et leur évolution, il faut tout prévoir 6 mois à l’avance. J’avais justement décidé d’augmenter ma production. Je ne pouvais pas prévoir l’épidémie et je me retrouve désormais avec plus de volailles que d’habitude… Malgré cela, j’arrive à vendre et je m’estime chanceux de pouvoir travailler. Il y a une belle solidarité entre producteurs. « Les 3 givrées » (77), qui font des glaces artisanales, et la ferme bovine de Rouilly-le-Bas (77) mutualisent leurs boutiques et vendent actuellement mes volailles.

Commandez les volailles d’Édouard 

  • Drive à la ferme les samedis et vendredis à partir de 16h : passez commande sur le site de la ferme ou par SMS au 06 63 71 35 33 (nom, prénom, date et heure de retrait de votre commande).  
     
  • Retrait de paniers sur les marchés parisiens : commandez et payez en ligne sur Mon petit e-commerce (avant vendredi 15h).

    Puis retirez sur un marché :
    • Auguste-Blanqui (13e) : le samedi de 9h à 10h30.
    • 21, avenue de Saxe (7e) : le samedi de 11h à 12h30.