Publié le 15 mai 2020

Covid-19 : être étudiante-ambassadrice de l’Île-de-France en Belgique 

Crédit photo : iStock - florin1961

Julie Paumerie, étudiante-ambassadrice, mène un projet autour de l'inclusion des personnes LGBT+ en Île-de-France, depuis Bruxelles. Elle vit la crise sanitaire de l'autre côté de la frontière et la considère comme une occasion de tester sa capacité d'adaptation, pour son avenir professionnel.

Lancée en janvier 2020, la 2de édition des Trophées des étudiants-ambassadeurs de l'Île-de-France a été, elle aussi, impactée par la crise sanitaire : tous les étudiants participants n'ont pas pu rejoindre leur université d'accueil à l'étranger.

Pour ceux qui restent engagés, la mission n'a pas changé : faire connaître et rayonner l'Île-de-France à travers le monde dans le cadre d'études ou de stages à l'étranger.

Parmi ces participants aux Trophées 2020, Julie Paumerie, étudiante en Master 1 droit international général à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Actuellement en échange à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, durant 5 mois, elle y réalise aussi un stage dans un cabinet d’avocats, à Bruxelles. Rencontre.

Julie Paumerie (à droite)

Trophées des étudiants-ambassadeurs : défendre ses idées et sa région

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre projet ? 
Julie Paumerie : Dans le cadre de notre mobilité, nous avons décidé, avec ma petite amie, de participer aux Trophées des étudiants-ambassadeurs avec un projet d’inclusion des personnes LGBT+ (NDLR : lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et plus) en Île-de-France. Nous avons créé un site Internet bilingue en français-anglais (NDLR : en ligne prochainement) et contracté des partenariats avec des associations à Bruxelles. Nous voyons notre projet à long terme comme constitutif d’un lien durable entre l’Île-de-France et Bruxelles. Nous souhaitons faire connaître les lieux que nous avons aimés à Bruxelles à des associations LGBT+ franciliennes. 

Je suis née à Argenteuil, je suis allée au lycée tout près, à Sannois (95), j’habite maintenant à Bourg-la-Reine (92) et je fais mes études à Paris : l’Île-de-France, c’est toute ma vie ! J’aime cette région, et je suis fière de pouvoir la défendre et la représenter. »
Julie Paumerie, étudiante-ambassadrice.

Quelles ont été vos motivations pour participer à ces Trophées des étudiants-ambassadeurs de l'Île-de-France?
J. P. : J’aime les challenges, participer à de nouveaux projets, rencontrer de nouvelles personnes. Je suis très sociable et, lorsque je vais à l’étranger, je parle toujours de la France avec des étoiles plein les yeux. J’aime profondément mon pays et ma région. Selon moi, ce concours rassemble toutes ces belles choses. Et nous sommes libres d’entreprendre et de choisir le sujet qui nous tient à cœur. C’est une belle expérience que nous partageons ensemble, avec ma copine.

Votre vision de l’Île-de-France a-t-elle changé avec votre projet ? 
J. P. : Je suis née à Argenteuil, je suis allée au lycée tout près, à Sannois (95), j’habite maintenant à Bourg-la-Reine (92) et je fais mes études à Paris : l’Île-de-France, c’est toute ma vie ! J’aime cette région, et je suis fière de pouvoir la défendre et la représenter. 

Une expérience culturelle enrichissante

Quelles sont les similitudes et différences culturelles qui vous étonnent en Belgique ?
J. P. : Je fais mes études à Louvain, mais je vis à Bruxelles. C'est une ville très cosmopolite avec un mélange de cultures incroyable. Lorsque vous vous promenez dans la rue, vous n’entendez jamais parler la même langue, c’est tellement riche ! C’est LA capitale de l’Union européenne. J’ai eu l’opportunité de rencontrer des gens de pays divers et j’ai également pu me rendre à La Haye dans le cadre de mon stage. On pourrait croire que Bruxelles est une continuité de la France alors que la ville a une forte identité culturelle, au niveau du langage – avec des expressions complètement différentes –, de la mentalité et au niveau culinaire. Concernant la vie étudiante, j’ai été extrêmement surprise : le campus de l’UC Louvain est fantastique et il y a pléthore d’associations sportives et étudiantes. La politique est, quant à elle, absente : ce qui change grandement des facs franciliennes où on est amoureux de la politique.

L'épidémie de Covid-19 modifie la communication et les échanges

Comment est gérée la crise sanitaire en Belgique ? 
J. P. : Contrairement à la France, nous n’avions pas d’attestation à remplir pour sortir. Cependant, les gens sont très responsables. Une solidarité était très présente dans notre quartier où des personnes ont fabriqué des masques gratuitement. Des aides aux plus vulnérables ont été mises en place volontairement, pour faire les courses, apporter des médicaments… En Belgique, la grande majorité des personnes portent des masques même si ce n’est pas obligatoire (en dehors des gares). Nous devons, en outre, respecter une distanciation de 1,5 m. Malgré le déconfinement, commencé le 4 mai 2020 ici, nous restons prudents.

Quel impact a eu cette épidémie sur votre projet d’étudiante-ambassadrice ?
J. P. : S’adapter et être flexible, c’est ce que l’on nous demandera dans nos milieux professionnels : à chaque problème sa solution. Nous avons donc, en plus de notre site Internet, créé une vidéo pour présenter l’objectif de notre site et des affiches thématiques pour les réseaux sociaux. Nous allons mettre en place une newsletter et nous recherchons des partenariats avec d’autres blogueurs. Enfin, nous devions organiser des café réunions, mais cela n’est que partie remise. Des rencontres sont possibles en ligne. Nous saluons la continuité pédagogique et la grande disponibilité des professeurs qui ont tout fait pour maintenir les cours. La coordinatrice des relations internationales est restée à notre disposition pour répondre à toutes nos questions en tant qu’Erasmus.

De nouveaux bagages pour entrer sur le marché du travail 

Avez-vous acquis ou renforcé de nouvelles compétences en gestion de projet ?
J. P. : Grâce à ce projet, j’ai pu développer de nombreuses compétences en blogging et en communication digitale. Avec ma copine, nous sommes autodidactes. Nous regardons beaucoup de conseils sur YouTube, sur des forums ou même LinkedIn pour développer notre projet et avoir un maximum de visibilité. Elle étudie la psychologie sociale appliquée et a donc des connaissances en communication. Pour ma part, ce n’est qu’un début. J’ai très envie de faire une formation complémentaire à mes études de droit en communication digitale sur les thèmes de l’inclusion et de la responsabilité sociale des entreprises.