20 juin 2019

Biodiversité en Île-de-France : une richesse à préserver

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- Crédit photo : IAU Île-de-France

L’érosion de la biodiversité en Île-de-France est un fait, mais pas une fatalité. Portées par une politique régionale ambitieuse en faveur de la biodiversité, des solutions existent pour reconquérir la faune et la flore, explique Bruno Millienne, président de l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France.

Panorama de la biodiversité en Île-de-France

L'Agence régionale de la biodiversité (ARB) vient de dresser un état des lieux de la biodiversité en Île-de-France par grands milieux (agricoles, urbains, forestiers et humides) et par grands ensembles taxonomiques (flore, vertébrés et invertébrés). Téléchargez-le.

L’édition 2019 des Assises nationales de la biodiversité se tient les 19, 20 et 21 juin au Palais des congrès Paris-Saclay à Massy (91). À cette occasion, l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF) présentera un panorama de la biodiversité francilienne, dont voici quelques-unes des grandes lignes... 

Les milieux agricoles à (re)diversifier pour plus de biodiversité

Près de la moitié du territoire est occupée par les paysages agricoles, dont la biodiversité s’appauvrit fortement. En cause : l’intensification des pratiques culturales et la faible diversité des plantes cultivées.

Le nombre d’oiseaux « spécialistes » des milieux agricoles s’est effondré de près de moitié entre 2004 et 2017, avec un remplacement par des espèces « généralistes » capables d’évoluer dans des milieux variés comme la forêt et la ville.  

« Le défi majeur est de diversifier les milieux agricoles par des aménagements écologiques offrant une diversité de refuges pour le vivant, à l’échelle des parcelles et des exploitations. Nous avons par exemple réintroduit le pâturage en Île-de-France », témoigne Bruno Millienne, président de l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France, député des Yvelines et conseiller régional d’Île-de-France.

La ville à (re)végétaliser

Au chevet des berges de Marne

La Région finance à hauteur de 370.000 euros un projet d’aménagement et de valorisation du quai de la Gourdine à Lagny-sur-Marne (77) : la revégétalisation de 1 km de berges artificialisées. « C’est une opportunité de réaliser un aménagement conciliant une restauration écologique des berges de Marne avec les usages de promenade et le tourisme fluvial, tout en favorisant la faune et la flore », précise Emmanuelle Frazdi, directrice de l’environnement de l’agglomération de Marne et Gondoire, qui porte le projet.

Les milieux urbains couvrent environ 20% du territoire régional. La biodiversité y est visible partout : dans les jardins, les friches, sur les murs ou les toits… Plus du tiers des espèces d’oiseaux nicheurs de la région se reproduisent dans Paris intra-muros ! La biodiversité des milieux urbains franciliens est donc riche, même si son érosion se poursuit. 

« L’enjeu de protection des milieux encore naturels dans cet environnement urbain, sous pression permanente d’un aménagement, est crucial. Outre les espaces verts publics, les zones de biodiversité plus spontanées comme les friches, les forêts, les buissons... sont précieuses. Pour les conserver, il est impératif de limiter l’étalement urbain sur les espaces agricoles et naturels », explique Bruno Millienne.

La biodiversité des milieux forestiers à préserver 

Les forêts franciliennes couvrent un quart de la surface régionale. Contrairement aux milieux urbains et agricoles, la forêt conserve ses espèces « spécialistes », les plus vulnérables aux menaces actuelles qui pèsent sur ce milieu comme la fragmentation et l’exploitation des espaces, le changement climatique.

abeille

« La préservation de ces espèces est la conséquence de la politique foncière visant à conserver de grands massifs forestiers dans la région et une évolution de la gestion sylvicole intégrant des objectifs écologiques. C’est un acquis important à maintenir », détaille le président de l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France.

Les zones humides et leur biodiversité à restaurer

Les milieux humides couvrent environ 4 % du territoire : étangs et rivières, forêts alluviales, marais, prairies humides... Ces milieux accueillent une biodiversité extrêmement variée et hautement « spécialisée » mais fragilisée par l’intensification des pratiques agricoles, la pression de l’urbanisation et les infrastructures de transport.

« Les opérations de restauration écologique comme le réaménagement de carrières ou la végétalisation des berges au long des rivières engagées par de nombreuses collectivités sont encourageantes », déclare Bruno Millienne.

Le castor fait son retour

Castor

Après plus d’un siècle d’absence, le Castor d’Europe (Castor fiber) est de retour en Île-de-France ! Les premiers indices de sa présence ont été observés en Essonne par le Syndicat intercommunal d’aménagement, de réseaux et du cycle de l’eau (SIARCE). La Société nationale de protection de la nature (SNPN) réalise une étude sur ce mammifère, financée par la Région Île-de-France (80.000 euros) dans le cadre d’un appel à projets « biodiversité » en 2018.