7 janvier 2019

4 pépites de l'intelligence artificielle francilienne au Consumer Electronics Show de Las Vegas

La Région accompagnera une quarantaine de start-up du 8 au 11 janvier au plus grand salon mondial de l'innovation technologique et électronique grand public à Las Vegas. Focus sur quatre pépites de l'intelligence artificielle francilienne.

La Région s'associe à Air France- KLM, Dassault Systèmes et Total pour mettre en valeur l'intelligence artificielle francilienne à Las Vegas 

Le thème de l'édition 2019 du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas portera sur l’intelligence artificielle appliquée, au service du développement des entreprises. Paris Region Entreprises, l’agence d’attractivité de la Région Île-de-France, y présentera un écosystème de 40 start-up, riche d’expertises et de talents, offrant des opportunités d’affaires à des entreprises internationales qui souhaitent accélérer leur développement en Île-de-France. Elle s'est associée pour cela à Air France-KLM, Dassault Systèmes et Total, des entreprises qui représentent plus de 150 millions de clients et 200 milliards d'euros de chiffre d’affaires cumulés dans 150 pays. Focus sur 4 start-up.

Meero. Paris (10e). Thomas Rebaud

Certains la considèrent déjà comme une future Licorne (Ndlr, une licorne est une start-up, principalement de la Silicon Valley (USA), valorisée à plus d'un milliard de dollars). Créée en 2016, Meero, dont les bureaux sont installés à Paris est déjà leader de la photographie professionnelle. « Nous proposons une plateforme qui permet à nos clients de réserver un reportage photographique partout dans le monde et de récupérer les photos retouchées en quelques heures seulement, grâce à des algorithmes propriétaires. Nous sommes un acteur majeur de la photographie immobilière avec des clients comme Sotheby's et Compass, entre autres. Nous sommes également très présents dans la "food" avec des clients comme Deliveroo ou la Fourchette », résume Adeline Anfray, chargée de communication chez Meero. Le succès de la start-up française repose sur son logiciel de retouche basé sur l'intelligence artificielle qui offre une rapidité inégalée. Avec plus de 60 millions de dollars levés depuis 2016 et un effectif multiplié par 10 en un an seulement, la croissance est fulgurante. « Nous sommes plus de 350 et comptons embaucher 500 collaborateurs en 2019», ajoute Adeline Anfray. Des bureaux ont été ouverts à New York, Sydney, Rio et bientôt à Mumbai, Tokyo et Shanghai. « Être présents au CES va nous permettre de nous faire connaître encore davantage », conclut la chargée de communication.

Healsy. Boulogne-Billancourt (92). Stéphane Bidet et Nicolas Caleca.

Leur application pourrait bien changer la vie des millions de personnes qui souffrent de diabète. Selon l’Institut de veille sanitaire, près de 3,3 millions de personnes, soit 5 % de la population française, sont touchées. Healsy développe le 1er service mobile de prédiction de glycémie capable de s’adapter à la physiologie et aux habitudes de chaque patient diabétique traité par insuline. « L’idée est de leur apporter, à chaque fois qu’ils en ont besoin, l’information qui leur manque aujourd’hui pour pouvoir prendre des décisions éclairées sur leur traitement, comme, par exemple, déterminer la dose optimale d’insuline à s’injecter ou la meilleure façon de se resucrer, explique Stéphane Bidet, cofondateur d'Healsy en 2016. C'est parce que ma femme souffre de diabète que j'ai eu l'idée. Je voyais combien il était difficile de prendre la bonne décision au bon moment. » Cette application est également très utile pour les médecins puisqu'elle permet d'analyser tous les facteurs d'évolution du taux de glycémie de chaque patient en fonction de son mode de vie. « Nous présenterons une 1re version allégée de notre application lors du CES qui est une immense vitrine. Nous avons d'ailleurs été sélectionnés pour recevoir un Innovation Award lors du salon. C'est une grande fierté et une reconnaissance », ajoute le chef d'entreprise de 36 ans. Healsy compte 23 salariés et va poursuivre son développement dès l'autorisation de mise sur le marché de son application validée.

Datakalab. Paris (17e). Xavier et Lucas Fischer, Anne-Marie Gaultier, Frank Tapiro.

Détecter les émotions lorsque vous et moi regardons une affiche, un site Internet ou encore une vidéo et les transformer en données, c'est l'algorithme mis au point par la start-up Datakalab, cofondée par Xavier Fischer, 26 ans. « Les émotions contrôlent 90 % de nos intentions. Or elles ne sont pas quantifiées. L'idée est justement de quantifier ce ressenti, ce qui va être très utile aux marques pour savoir comment créer le plus d'interactions », explique Xavier Fischer. Quid de l'aspect un peu intrusif pour ne pas dire « Big Brother » du procédé ? « Nous avons défini une charte éthique. Nous travaillons toujours avec une cohorte de gens (200 à 300) et avec leur consentement », balaie le jeune chef de cette entreprise d'intelligence artificielle qui emploie 14 personnes. Au CES de Las Vegas, Datakalab lancera un partenariat avec IBM et compte également lever des fonds.

Skillogs, Paris (9e). Raphaël Moraglia et Sébastien Duplessy.

Mettre la formation à la portée de tous quel que soit l'âge et le niveau, c'est ce que propose Skillogs, start-up fondée en 2017. Grâce à l’analyse des données, la plateforme numérique d’intelligence artificielle de Skillogs, baptisée Acarya, est capable de répartir différemment le cursus pour chaque apprenant. La progression est ainsi adaptée à chaque élève. Et lorsque ce dernier a une question, la plateforme est capable de l’analyser, et de ressortir tous les aspects pertinents pour y répondre. « Nous proposons à la fois les ressources pédagogiques et tout le déroulé de la formation », détaille Raphaël Moraglia, l'un des 4 cofondateurs. « Être présent au CES au cœur de l'écosystème francilien réuni par la Région et PRE est une très belle opportunité pour nous ouvrir les portes du marché américain, où les outils numériques en matière de formation ont une très grande importance, ne serait-ce que pour des questions de distance. Il y a également une grande demande en matière d'apprentissage des langues comme le chinois. »