Influence des traitements hormonaux sur le développement cérébral pendant la grossesse. Etude des modifications comportementales et biologiques dans des familles informatives dont les mères ont été exposées aux hormones artificielles lors de grossesse.
Objet du picri
L’exposition in utero aux hormones artificielles peut induire chez les enfants, garçons ou filles, malformations génitales, stérilité et cancers. Les témoignages recueillis par l’association Hhorages suggèrent que pourraient également être induits des troubles comportementaux ou psychiatriques.
Ce projet concerne l’étude d’une centaine de familles « informatives », dont les enfants aînés n’ont pas été exposés et les enfants cadets exposés aux hormones. Il aura pour objectif de caractériser précisément les troubles psychiatriques présents dans ces familles, d'étudier certains gènes de vulnérabilité aux troubles psychiatriques et de rechercher un support biologique possible au lien entre exposition aux hormones in utero et troubles psychiatriques.
La littérature montre, d’une part, que la méthylation de certains gènes de vulnérabilité aux troubles psychiatriques par des facteurs d’environnement pourrait avoir un rôle « révélateur » et, d’autre part, que les hormones synthétiques modifient la méthylation de certains gènes. Nous étudierons donc en particulier l’état de méthylation du génome et de gènes candidats pour les troubles psychiatriques. Les données recueillies seront colligées dans une collection clinico-biologique accessible pour des études ultérieures.
Caractère novateur du projet, et enjeu sociétal
Les conséquences des prescriptions d’hormones artificielles au cours de la grossesse sur le développement cérébral et ses conséquences à long terme sur le comportement sont mal connues. L’existence d’une cohorte de mères traitées et d’enfants exposés aux hormones artificielles souffrant de pathologies psychiatriques lourdes (schizophrénies, troubles bipolaires) constitue un champ expérimental unique pour étudier l’influence des interactions gènes x environnement sur le neuro-développement et l’émergence de troubles psychiatriques. Aucun projet de ce type n’existe actuellement tant au plan national qu’international en ce qui concerne les hormones au cours de la grossesse.
La maladie mentale constitue par son poids sociétal et humain une priorité en termes de Santé publique. Le risque de transmission des pathologies psychiatriques aux générations futures, le poids de ces pathologies sur les familles et les nombreux suicides, représentent une charge sociétale lourde. Le travail citoyen de l’association Hhorages sera permanent, tout au long de la réalisation du projet : information et soutien des familles, poursuite du recueil de témoignages, travail d’analyse des fratries, organisation de réunions d’information au cours des travaux, organisation de réunions presse et grand public, recherches bibliographiques.
Intérêt régional
Les acteurs de ce projet sont localisés en Île-de-France. Ce projet renforce la place du site de l’hôpital Sainte-Anne comme « pôle expert pour l’étude des troubles psychiatriques ». La Région sera ainsi associée à un travail pionnier sur les impacts environnementaux de substances telles que les xénohormones avec des retombées nationales et internationales.
Coproduction des connaissances
Sous forme de publications scientifiques, de communications et de colloques. Des communications et interviews seront accordées à la Presse grand public. Des journées d’information recherche seront organisées (
Inserm, Unafam).
Volet formation
Le laboratoire
Inserm U796 est très impliqué dans la formation à la recherche en psychiatrie (clinique, neuropsychologique, statistique, génétique) et accueille en permanence une dizaine d’étudiants (masters, thèses, formation professionnelle) d’horizons divers : médecins psychiatres, biologistes, statisticiens, psychologues, infirmières. Trois doctorants seront directement impliqués dans ce projet.
Volet dissémination
Les familles d'Île-de-France qui participeront à l’étude seront rejointes par celles de l’ensemble du territoire. La dissémination des connaissances se fera de facto par les publications et colloques qui valoriseront les résultats obtenus. L’association Hhorages jouera ainsi son rôle sociétal de lanceur d’alerte et une prévention valable pourra être mise en œuvre.
Durée du projet
3 mois.