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Le prestigieux lycée Yan’An de Shanghai est jumelé depuis quelques années avec le lycée François Couperin de Fontainebleau (77). Echange d’expérience.
Un campus à l’américaine, près 2.000 élèves, un internat, un concours d’entrée, des activités extra-scolaires à foison… Le lycée Yan’An, créé en 1946, n’a pas grand-chose en commun avec un établissement équivalent en Île-de-France ! Depuis la rentrée 2001, ce prestigieux lycée a noué un partenariat avec le lycée François Couperin de Fontainebleau (77) : près de 250 lycéens ont ainsi pu partir en Chine, tandis qu’environ 200 de leurs camarades chinois venaient visiter l’Île-de-France.
Wumeng Di, 18 ans, a passé 9 mois à Fontainebleau dans la cadre de cet échange en 2008, et garde quelques restes de français : « Je suivais tous les cours en français, y compris la philosophie, avec beaucoup plus de livres à lire qu’ici en Chine ! Mais les élèves et les professeurs m’ont beaucoup aidé ! Globalement, j’ai trouvé les gens très positifs », raconte la jeune fille. Yu Han Lin, 17 ans, a passé deux semaines en Île-de-France dans le cadre de cet échange. Il a surtout été marqué par le cadre du lycée François Couperin « près de la forêt », et par la qualité de l’environnement : « Pas de pollution, des rivières très propres… Mais chez nous, ça s’arrange aussi ! ». Li Pinjyanj, 18 ans, était lui resté 3 mois, et ne parlait pas un mot de français en arrivant dans sa famille d’accueil, à Barbizon (77). « J’ai eu beaucoup de mal avec la langue, mais je trouve super que les lycées français puissent apprendre de nombreuses langues étrangères, comme l’allemand, l’espagnol ou l’italien en plus de l’anglais ».
En effet, même si les lycéens de Yan’An sont libres d’adhérer à des cours optionnels, le cursus général, déjà très chargé, ne comporte que l’anglais, en plus du chinois et des maths. « Ici, les élèves sont tous internes, ce qui leur permet de travailler davantage et de ne pas s’éparpiller », explique Zhang Peili, professeur d’anglais à Yan’An. Les lycéens ne s’en plaignent pas : Wumeng Di précise qu’elle travaille environ 2 à 3 heures chaque soir après les cours, Yu Han Lin souligne l’importance des liens d’amitié qui se tissent à l’internat, quant à Li Pinjyanj, il trouve que ça l’a rendu plus indépendant, et que pour parler aux parents, « il y a toujours le portable » ! D’autant qu’en Chine, les professeurs s’impliquent beaucoup dans l’éducation des élèves. « Leur éducation morale est aussi de notre ressort », explique Zhang Peili, « nous les aidons à gérer leur adolescence, et quand il y a des soucis, on convoque les parents pour en parler tous ensemble ».
À la fin des années lycée arrivent l’heure des choix : Wumeng Di s’apprête à aller étudier la bio-chimie à l’université du Wisconsin (États-Unis), Li Pinjyanj partira étudier le journalisme à l’étranger (« il est tellement difficile d’entrer dans une des universités de Shanghai ! »), quant à Yu Han Lin, il a encore un peu de temps pour se décider, « il faut en parler avec mes professeurs et mes parents, pour voir ce qu’ils me recommandent par rapport à ma capacités ».
Environ 70 lycées franciliens enseignent aujourd’hui le chinois, et 18 d’entre eux organisent des échanges avec des établissements chinois, dont 6 avec des lycées de Shanghai.
Article publié le 11 mai 2010
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