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L’Histoire retiendra sans doute l’extravagance de l’Expo universelle de Shanghai. Sur place, le quotidien des visiteurs s’organise. Choses vues.
On a tout lu sur cette Exposition universelle de Shanghai, les chiffres les plus extravagants, à l’image de la ville organisatrice : jusqu’à 100 millions de visiteurs attendus, un site de plus de 5 km2, soit deux fois la superficie de Monaco, un budget officiel de plus de 3 milliards d’euros (deux fois plus que le budget des Jeux olympiques de Pékin !) mais qui selon certains médias s’élèveraient à 42 milliards d’euros en comptant les infrastructures réalisées à Shanghai pour l’occasion…
Attente devant le Pavillon de la Serbie © Patrick Wack / Agence VU
Quelques jours après l’inauguration, l’Expo trouve son rythme de croisière. Les premiers jours, la ville de Shanghai ayant décrété des congés exceptionnels de quatre jours, le site a été littéralement pris d’assaut, avec des temps d’attente farfelus devant chaque Pavillon, comme par exemple quatre heures de queue mardi devant le Pavillon de l’Arabie saoudite ! Prévoyants et patients, les Chinois se sont munis de tabourets pliants, d’ombrelles et d’éventails. Mercredi, la pluie qui s’est abattue toute la matinée sur Shanghai a très temporairement rafraîchi l’atmosphère et légèrement clairsemé les allées du site, sans pour autant freiner l’enthousiasme des visiteurs, en grande majorité chinois.
Qui dit site immense, dit beaucoup de marche (malgré le ballet incessant des bus et petites voitures électriques, et des navettes fluviales) et grosse fatigue : après l’heure du déjeuner, passé dans un des innombrables restaurants du site, les Chinois enlèvent tout simplement leurs chaussures et piquent un somme sur un banc.

Sur la rive Est du Huangpu, côté Pudong, les visiteurs ne savent plus où donner de la tête, et n’en perdent pas une miette, mitraillant extérieurs et intérieurs des Pavillons nationaux à qui mieux-mieux. Certains remportent tous les suffrages. Le Pavillon britannique, par exemple, ressemblant à un gigantesque oursin avec ses 60.000 tiges d’acrylique qui ondulent au gré du vent et renferment autant de graines de plantes sauvages, ne peut qu’attirer le regard. Une fois à l’intérieur, le visiteur peut détailler dans la lumière entrante chacune de ces graines, implantées à la base de chaque tige transparente.
Des faux moutons de HollandeNon loin de là , sur le Pavillon hollandais, baptisé « Happy street » (rue joyeuse), on se sent comme à la fête foraine, avec une scénographie ludique qui n’oublie pas le thème de l’Expo, en exposant notamment une voiture solaire, ou expliquant les techniques utilisées en Hollande pour dépolluer l’eau. Au pied du pavillon, une pelouse en plastique vert pétant accueille des faux moutons qui font la joie des visiteurs.
Dans le Pavillon espagnol, recouvert d’osier, certains se bouchent les oreilles pendant le beau film projeté dans une immense salle, tant sont impressionnants les bruits et les images de taureaux galopant dans les rues lors des ferias andalouses, mais ouvrent grands les yeux devant la danseuse de flamenco.
Chez les Danois, qui présentent de superbes photos du mode de vie à la danoise, le visiteur peut faire du vélo, boire une bière, ou écouter ce soir-là un groupe local d’électro-pop jouant devant le bassin de la petite sirène, prêtée pour l’Expo par la ville de Copenhague. Et à la sortie de chaque Pavillon, le même rituel : chaque visiteur ayant reçu en entrant un passeport, c’est la cohue pour le faire tamponner, comme preuve de visite.
Quelques jours après l’ouverture, l’organisation, déjà impeccable, se rôde. Plus de 70.000 volontaires, reconnaissables à leur gilet vert, sont disséminés dans le moindre recoin, plan de l’Expo en main, prêt à renseigner le visiteur égaré. La propreté pour l’instant impeccable du site atteint un niveau impressionnant de perfectionnisme : le moindre déchet au sol, malgré les milliers de poubelles, est aussitôt balayé. Au bord du Huangpu à la nuit tombée, dans le jardin chinois, une employée de l’Expo, accroupie, réaligne un à un les galets disposés le long des chemins.
Rédaction : Julie Védie / Photos : Patrick Wack, Agence VU
Article publié le 10 mai 2010
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