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Françoise Ged, qui a animé les colloques des 12 et 13 juillet, dirige l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine, à Paris. Interview.
Ces colloques ont-ils répondu à votre attente ?
Ces manifestations sont des lieux de pédagogie qui mériteraient d’être développés pour convaincre notamment les décideurs de respecter les réglementations mises en place en matière de protection du patrimoine. Le professeur Ruan Yisan, professeur à l’université de Tongji, a ainsi rappelé que le label « villes historiques et culturelles », créé en Chine en 1982, n’était pas toujours respecté.
Comment devient-on spécialiste de l’architecture chinoise ?
Je suis architecte et titulaire d’une licence de chinois. Puis, j’ai suivi un parcours universitaire classique, obtenu un doctorat consacré à Shanghai et une habilitation à mener des recherches, ce qui me permet d’être dans les deux milieux. Ce double parcours est important aux yeux des Chinois et a facilité la création de l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine, aujourd’hui rattaché à la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris.
Quelle est la mission de l'Observatoire ?
Son champ d’action est très large puisqu’il consiste à travailler avec la maîtrise d’œuvre, la maîtrise d’ouvrage, les écoles d’architecture et les chercheurs dans le domaine de l’architecture, de la ville, du patrimoine et du paysage. Avec nos partenaires chinois, nous développons, par exemple, des programmes de recherche et d’échanges sur les quartiers anciens, le patrimoine naturel et culturel et le développement urbain.
Quel est l'apport des Français dans la protection du patrimoine ?
Nous travaillons ensemble sur la notion de patrimoine depuis 1998 en intégrant des actions de formation et des missions d’expertise. Shanghai a été l’une des premières villes en Chine à dresser des inventaires de son patrimoine et s’est dotée d’une réglementation en matière de protection du patrimoine. En 2003, 12 secteurs, soit 27 km², ont été définis comme des zones à protéger.
La question de l’écologie urbaine préoccupe-t-elle les Chinois ?
Oui, notamment à Shanghai, qui investit énormément dans la recherche. Nous sommes sur les mêmes centres d’intérêt. Beaucoup de Chinois travaillent sur le développement durable. Par exemple, en juin, s’est déroulé le concours du Solar Decathlon, à Madrid. C’est un concours international qui récompense un projet de maison n’utilisant que le soleil comme source d’énergie. Une équipe chinoise y participe. Très pragmatiques, les Chinois ont une capacité de réaction plus grande qu’en France.
Quelles sont les tendances de l’architecture moderne à la chinoise ?
Depuis le début des années 2000 on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération d’architectes de grande qualité. Souvent liés à l’université (ils dirigent parfois des départements d’architecture), ils ont créé leur propre structure. Leur point commun ? Ils ont fait le choix de suivre leur chantier de A à Z, ce qui, en Chine, est d’autant plus remarquable que la mission de chantier n’est pas rémunérée.
Au travers de l’élaboration de son schéma d’aménagement (Sdrif), l’Île-de-France préconise, pour les années à venir, un développement urbain passant par une « construction » de la ville sur elle-même. Comment a-t-elle contribué à l’élaboration du schéma d’aménagement de la ville de Shanghai ?
Elle a joué un rôle fondamental grâce aux missions effectuées par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région (Iaurif) dès le milieu des années 1980. Ainsi, un projet majeur a contribué à changer le visage de Shanghai : la construction de Pudong a permis de développer la ville à l’est du fleuve Huangpu (dont le pôle d’affaires de Lujiazui de même superficie que La Défense), et de rebâtir la ville existante à l’ouest du fleuve, Puxi, sur elle-même.
Photo © Patrick Wack/Agence Vu
Article publié le 15 juillet 2010
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