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Environnement
Économique, écologique et pragmatique, tel est le travail chez soi ou à deux pas, selon Anne-Sophie Calais, directrice d’Initiatives Télécentres 77.
Comment favoriser la transition énergétique en Île-de-France ? Pour la première fois, l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies (Arene) organise ce18 janvier, dans l’hémicycle, une conférence régionale réunissant de nombreux acteurs de terrain. Parmi les invités, Anne-Sophie Calais, directrice d’Initiatives Télécentres 77, décryptera les liens qui existent entre télétravail et développement durable.
Vous participez ce 18 janvier à la première conférence régionale sur la transition énergétique. En quoi le télétravail a-t-il un impact positif sur l’environnement ?
Anne-Sophie Calais : Le télétravail permet d’agir sur les trois volets du développement durable, à savoir le social, l’économie et l’écologie. Concernant ce dernier aspect, il faut avoir à l’esprit qu’en moyenne en Île-de-France, le temps moyen des trajets domicile-travail est de deux heures, et qu’il peut atteindre trois heures en grande couronne. Le fait de donner la possibilité aux salariés de travailler près de chez eux, dans des télécentres adaptés, doit notamment se traduire par une baisse des émissions de CO2. On estime que si une personne, qui réside à 25 km du siège de son entreprise, passe deux jours par semaine en télétravail, elle économise 512 litres d’essence par an, soit deux tonnes équivalent carbone en moins dans l’atmosphère. À l’échelle d’un territoire de 12 millions d’habitants comme l’Île-de-France, cela représente des enjeux colossaux. Il suffirait que 5 ou 10% des actifs franciliens pratiquent le télétravail pour fluidifier sensiblement le trafic aux heures de pointe.
Quelles sont les conséquences énergétiques au niveau de l’immobilier de bureau ?
A-S C : Le taux d’occupation moyen des bureaux dans l’agglomération parisienne est de 65% avec une consommation par salarié de 2,5 kWh par an en moyenne. Dans un télécentre ouvert 12 heures par jour, le taux de remplissage atteint 95% et la consommation d’énergie se limite alors à 0,3 kWh par an et par utilisateur. Preuve en est que la rationalisation des espaces est un levier considérable d’économies d’énergie.
Quelles sont autres les vertus du télétravail ?
A-S C : Le télétravail est avant tout un moyen d’améliorer le confort de travail des salariés. En raccourcissant leurs temps de déplacement, cela influe de façon mécanique sur leur niveau de stress. On observe d’ailleurs qu’une fois que le télétravail est instauré dans une entreprise, l’absentéisme a tendance à diminuer et la productivité à augmenter. Cela suppose néanmoins d’autres formes d’encadrement des salariés. Il faut passer d’un management qui valorise le temps de présence à un management de projets et d’objectifs.
Quelles sont les conditions nécessaires au développement du télétravail en Île-de-France ?
A-S C : À l’heure actuelle, l’essentiel des « tiers-lieux » (bureaux partagés, espaces de coworking, télécentres, etc) se situent à Paris. Pour que le travail à distance se développe, il faut absolument étendre l’offre à tout le territoire francilien et qu'elle fonctionne en réseau. Ce n’est qu’à ces conditions que les entreprises franchiront le pas. Une étude effectuée en 2011 par LBMG Worklabs auprès d’une trentaine de grandes entreprises franciliennes et de 160 TPE et indépendants seine-et-marnais a montré que 89% d’entre eux étaient prêts à recourir au télétravail à moyen terme.
Plusieurs télécentres vont voir le jour cette année en Seine-et-Marne. À quoi ressemble le télécentre idéal ?
A-S C : Les télécentres sont des lieux dans lesquels on est censé pouvoir retrouver tout le confort des immeubles de bureaux classiques : salles de réunion, bureaux fermés, « open space », espaces de restauration, connexions haut débit et sécurisées, etc. Ils doivent également être facilement accessibles, ce qui implique qu’ils soient situés à proximité de nœuds de transports. Enfin, il faut qu’ils soient flexibles, afin d’accueillir aussi bien le travailleur indépendant que le salarié d’une grande entreprise. Cette mixité représente d’ailleurs un moyen de faire émerger des collaborations qui n’auraient sans doute pas vu le jour autrement.
En zone rurale, les télécentres sont un levier de dynamisation des territoires. Ils sont susceptibles de remplir différentes fonctions comme par exemple permettre l’exercice de la télémédecine ou la mise en œuvre de formation à distance pour les étudiants. Néanmoins, le modèle du télécentreà la française est à inventer.
2013 sera une année de transition, marquée par l’ouverture des premiers vrais télécentres en Seine-et-Marne, tels que Fontainebleau et Val d’Europe. Le département compte 16 projets dont 6 devraient voir le jour dans les prochains mois.
À suivre en direct :
» Conférence régionale sur la transition énergétique
Photos : haut © Rafaël Trapet / Aleph / Picturetank
bas © Jean-Christophe Bardot / Le bar Floréal Photographie
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Article publié le 17 janvier 2013
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