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Région la plus peuplée de l’Hexagone, l’Île-de-France doit encore faire des efforts pour préserver la biodiversité. Natureparif avance des pistes.
Peut mieux faire. C’est ce qui ressort du bilan 2011 de la biodiversité en Île-de-France que Natureparif vient de publier. Résultat, que cela soit en ville, dans les forêts ou dans les milieux agricoles, la région se révèle, selon l’Agence de la biodiversité en Île-de-France, « moins accueillante pour la vie sauvage (animaux, insectes, flore, etc) que des milieux de même nature ailleurs en France ».
Il faut dire que le contexte francilien reste malgré tout particulier. « On trouve, sur 2% du territoire, 20% de la population française, résume Grégoire Loïs, naturaliste et co-auteur de l’étude. Cela se traduit par d’importantes pressions anthropiques qui se matérialisent au travers d’une forte minéralisation et d’une agriculture intensive. Même les forêts, nombreuses en Île-de-France, pâtissent de leur grande fréquentation et du fait également de leur fragmentation. Elles sont souvent traversées par des voies de circulation qui nuisent à leur homogénéité. »
Cet environnement défavorable entraine notamment une baisse du nombre des espèces d’oiseaux qu’on estime à 5% en 2011, alors que, dans le même temps, une hausse moyenne de 12% est observée ailleurs dans l’Hexagone. Seules les espèces dites « spécialistes du bâti », comme le martinet noir ou la pie bavarde, enregistrent une légère progression dans l’agglomération parisienne, avec une augmentation de 4%.
Néanmoins, les solutions existent pour inverser la tendance et agir en faveur de la biodiversité sur le territoire francilien. Tel est le message que souhaite faire passer Naturparif aussi bien auprès des collectivités que des agriculteurs et des particuliers.
Depuis 2007, la Région consacre chaque année 30 millions d'euros pour soutenir des actions tournées vers la biodiversité : reconquête des espaces naturels, favoriser le bon fonctionnement des écosystèmes, valorisation du patrimoine naturel, etc.
Le principal moyen d’action est ainsi de « laisser faire la nature ». On va même jusqu’à parler de « résilience », terme cher au psychiatre-éthologue Boris Cyrulnik, et qui consiste en un « retour à l’état initial ».
S’il n’est guère envisageable de faire de l’Île-de-France une région rurale, il est possible en revanche de modifier certaines pratiques, notamment en ce qui concerne l’usage d’herbicides. « Durant un siècle, les produits chimiques ont été considérés comme une révolution parce qu'ils étaient efficaces, souligne Grégoire Loïs. On a négligé l’impact sur la nature à long terme. Aujourd’hui, on est en train de faire marche arrière. Une ville comme Paris, par exemple, a de moins en moins recours aux pesticides pour entretenir ses parcs et jardins. Elle laisse également se développer, entre deux projets, des friches urbaines, terreau idéal pour la biodiversité. »
Photos : Maurecourt, bruant jaune © Natureparif
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Article publié le 6 janvier 2012
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