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Enseignement supérieur
Pour que les à peine 2 % de détenus franciliens qui étudient soient, à l’avenir, bien plus nombreux, la Région est prête à soutenir plusieurs actions.
On les appelle « étudiants empêchés ». Les détenus qui poursuivent des études supérieures font face à de nombreuses difficultés pour parvenir à décrocher leur diplôme. En Île-de-France, ils sont d’ailleurs à peine 200 pour une population carcérale totale de 11.900 détenus. Pour que cette proportion augmente, la Région s’engage à faciliter leur accès aux formations de l’enseignement supérieur. C’est ce qu’a annoncé à l’issue d’une table ronde sur ce thème, ce 3 novembre, Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente régionale chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
La matinée de débat, organisée avec le soutien de la journaliste Florence Aubenas, présidente de l’Observatoire international des prisons, a réuni anciens détenus, représentants d’universités, de l’administration pénitentiaire, et d’associations spécialisées dans l’enseignement aux personnes incarcérées autour de deux objectifs. L’objectif était double : dresser ensemble un état des lieux de ce qui empêche les détenus de mener à bien leurs études supérieures, puis voir comment la Région peut contribuer à lever ces obstacles.
En France, 10 % des personnes incarcérées ont le niveau Bac ou études supérieures, et sont donc susceptibles de vouloir mettre à profit leur temps d’incarcération pour poursuivre des études. Pourtant, en prison, « il est plus facile d’obtenir une console de jeux vidéo qu’un dictionnaire », témoigne un ex-détenu qui a soutenu sa maîtrise et passé un doctorat de littérature comparée en prison. Surpopulation carcérale, manque de cursus universitaires adaptés, poids des règlements intérieurs des prisons, accès à Internet interdit, priorité donnée à la lutte contre l’illettrisme… : les obstacles évoqués sont nombreux et d’origines variées.
Pour tenter de les amoindrir, et dans le cadre de son dispositif de soutien aux actions de démocratisation de l’enseignement supérieur, la Région a présenté plusieurs pistes d’action. Elle va ainsi offrir, dès mi-novembre, un soutien de 40.000 euros au Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Université Paris Cité, à destination de la section « étudiants empêchés » de l’Université Paris 7-Diderot. 157 étudiants incarcérés suivent cette année des formations universitaires grâce à cette section unique en son genre, qui permet depuis 1974 aux détenus de la Santé (75), de Fresnes (94) Osny (95) et Poissy de suivre des cursus complets en présence d’enseignants universitaires.
Un « bureau d’accueil des étudiants empêchés » sera par ailleurs créé pour centraliser les informations utiles aux détenus étudiants et à leurs familles, à la fois pendant leur temps d’incarcération et après leur sortie. Enfin, la Région étudie la possibilité d’attribuer des bourses aux détenus en formation, afin notamment de leur éviter d’avoir à choisir entre travail rémunéré et études pendant leur incarcération.
Photos : © DR
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Université Paris VII –Diderot, section des étudiants empêché |
Article publié le 4 novembre 2011
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