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Économie
Cinq Franciliennes ont reçu, ce 7 novembre, le prix de l’entrepreneuriat féminin en Île-de-France. Rencontre avec l’une d’elles, Schéhérazad Karray.
À 32 ans, Schéhérazad Karray est depuis quelques mois à la tête de son propre centre de contrôle technique automobile, à Châtillon (92). Elle a reçu, ce 7 novembre, le « Prix des métiers non traditionnellement féminins » dans le cadre du concours Créatrices d’avenir, organisé par l’association Île-de-France active, financeur solidaire pour l’emploi.
Que signifie ce prix pour vous ?
C’est d’abord une épine que l’on m’ôte du pied car je traverse actuellement quelques difficultés financières liées à la création de mon entreprise. (NDLR : chaque lauréate a reçu 4.000 euros). Cela va m’aider. Mais ce prix représente surtout un honneur, celui d’être reconnue dans ma fonction. Et je dirais même plus, reconnue en tant que femme, créatrice d’entreprise, et dans un métier masculin : le triplé gagnant (rires) !
Comment en êtes-vous venue à l’idée d’ouvrir votre propre centre de contrôle technique auto ?
Pas par hasard : je travaille dans le secteur du contrôle technique depuis 11 ans, d’abord en tant que contrôleur, puis chef de centre. Ensuite, nous avons décidé, avec un associé, de créer à deux notre propre centre. Il a finalement abandonné le projet, j’ai persévéré seule – études de marché, plan de financement… – et mon entreprise a ouvert ses portes fin mai dernier. J’ai été bien accompagnée dans ma création d’entreprise. J’ai notamment bénéficié du Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF), qui permet d’obtenir plus facilement des prêts bancaires. C’est d’ailleurs lors d’une des réunions concernant ce fonds, organisée par France active, que l’on m’a parlé du concours Créatrices d’avenir, au début de l’été dernier.
Être une femme dans un secteur traditionnellement masculin, c’est difficile ?
Je trouve au contraire que c’est un atout. Au début, les employeurs montrent quelques réticences, mais face aux compétences, tout finit par s’effacer. Je n’ai jamais ressenti de discrimination. Au contraire, une femme dans un métier d’hommes, ça détend l’atmosphère ! J’évolue depuis longtemps dans un milieu traditionnellement masculin. Au lycée, j’ai décidé, par envie, de quitter la filière générale pour rejoindre l’enseignement technologique et me spécialiser dans la mécanique. J’étais alors la seule fille dans cette spécialité. Mais pas de problème, cela fonctionnait plutôt comme une fratrie, les garçons étaient bienveillants envers moi.
Et la création d’entreprise, est-ce plus compliqué que pour un homme ?
Être une femme ne constitue pas un handicap. Bien sûr, il faut savoir que lancer son activité demande un investissement personnel énorme. Je n’ai pas d’enfant pour le moment, mais il est certain que cela aurait compliqué les choses. J’ai rencontré certaines créatrices d’entreprises mères de famille : elles doivent jongler entre toutes leurs tâches, s’organiser et planifier énormément… Les hommes, eux, ne semblent pas se poser ce genre de questions. J’ai remarqué, au fil de mes rencontres, que les femmes qui lancent leur entreprise se projettent davantage sur le long terme, anticipent les possibles difficultés financières. Les hommes se disent « je le fais », et ils foncent tête baissée ! Je ne suis pas sûre que ça les avantage. J’ai d’ailleurs lu des statistiques selon lesquelles les entreprises créées par des femmes ont plus de chances de durer.
Que diriez-vous à une jeune femme qui hésite à se lancer dans un métier réputé masculin ?
De foncer sans se poser de question, si c’est ce qu’elle veut vraiment. Nous ne vivons plus dans une société où il existe des métiers « pour hommes » et d’autres « pour femmes ». Il y a maintenant des femmes ingénieures, des chimistes, etc. On se lance un peu dans tous les domaines, et même si certains hommes pensent qu’on empiète sur leurs plates-bandes, la plupart ont évolué et se retiennent davantage dans leur attitudes et leurs remarques.
Photos : © DR
SubventionLa Région a attribué 15.000 euros à Île-de-France Active pour récompenser les cinq lauréates. Sur le web
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Article publié le 8 novembre 2011
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Économie - Emploi
Les personnes en recherche d’emploi, de formation ou intéressées par la création d’entreprise ont rendez-vous à l’espace Paul Valéry ce 12 octobre. Elles pourront y rencontrer une trentaine d’entreprises, assister à deux conférences ou participer à des ateliers thématiques. Aide régionale : 4.000 euros.
Ce 22 juin, le conseil régional accueille les 1eres Rencontres régionales des employeurs de l’économie sociale. Thème de l’événement initié par l’Usgeres : prévenir les discriminations. J.P. Planchou, vice-président en charge du développement économique, interviendra en introduction de la matinée.
Programme des rencontres régionales des employeurs de l’économie sociale (pdf - 1.78 Mo)
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