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Alors qu’horlogers, tapissiers ou designers floraux sont à l’honneur au Carrousel des métiers d’art, un expert s’exprime sur leurs perspectives.
CFA ameublement, école Estienne, Compagnons du devoir… les organismes de formation côtoieront les créateurs au Carrousel des métiers d'art et de création, au carrousel du Louvre, du 5 au 9 décembre. Ils seront là pour présenter leurs filières, mais quels en sont les débouchés ? Peut-on envisager aujourd’hui de devenir artisan d’art ? Entretien avec Jean-Louis Maître, président de la Commission régionale des métiers d’art du Val-de-Marne.
Quelle est la situation économique actuelle des artisans ?
Jean-Louis Maître : Pour être honnête, la crise actuelle n’est pas favorable aux métiers d’art, dont les débouchés sont les particuliers ou les donneurs d’ordre, architectes et architectes d’intérieur. Les professionnels qui s’en tirent le mieux sont ceux qui travaillent à l’export, pour les États-Unis, l’Asie, la Russie…
Les artisans ne vendent ils qu’aux particuliers « aisés » ?
J-L M : Pas tout à fait. Aujourd’hui, nous nous meublons tous chez une grande entreprise suédoise qui délocalise en Asie. Idem pour la mode. Mais si nous faisons appel à la grande distribution pour la vie de tous les jours, l’artisanat d’art se positionne sur une autre niche : il permet de sortir de l’ordinaire et de se faire plaisir. En cela, il s’adresse à tout le monde.
Quel est l’avenir de ces métiers ? Quels seront les débouchés demain ?
J-L M : Il faut avoir confiance… les artisans ont toujours existé et existeront toujours. D’ici 4 - 5 ans, quand les jeunes sortiront de formation, la crise sera sans doute passée. Sans compter qu’il faut remplacer tous les départs en retraite, sinon des métiers risquent de disparaitre : tapissiers, ébénistes, encadreurs… On en cherchera, pas des centaines bien sûr, mais au moins quelques uns.
Organisé entre autres par la Chambre régionale de métiers de l'artisanat et soutenu par la Région, le Carrousel des métiers d'art et de création offre une vitrine à un secteur qui regroupe 157.000 entreprises en Île-de-France. Le meilleur de leurs talents est à découvrir dans trois univers : déco design, mode et accessoires, arts et espace.
La Région doit elle soutenir encore ces métiers d’art ?
J-L M : Oui, sinon risquent de dépérir des savoir-faire extraordinaires. Par exemple, la flamme de la statue de la liberté à New-York a été restaurée par des artisans français : il ne reste plus que 3 ou 4 spécialistes de la dorure à la feuille, en France. Les plus grands musiciens japonais viennent jusqu’en France pour faire réparer leur violon. Sans oublier les ébénistes qui ont restauré toutes les boiseries du train Trans-Europ-Express.
Y a-t-il des conseils à donner aux jeunes ?
J-L M : Qu’ils écoutent leur passion. Une petite mise en garde cependant : beaucoup veulent se lancer dans la joaillerie, mais à part le luxe, cela ne marche pas vraiment. Beaucoup aimeraient aussi devenir designer, or le marché a plutôt besoin d’exécutants, des artisans de haut niveau, qui sachent moderniser les savoir- faire traditionnels. Comme ces tapissiers qui relookent des fauteuils avec des tissus modernes.
Photos : © Picturetank
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Article publié le 4 décembre 2012
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