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L’ancien lieu de la culture populaire parisienne rouvre ce 2 mars. Visite guidée du nouvel espace destiné à valoriser la création numérique.
Drôle de nom pour un lieu visant à réconcilier le spectacle vivant et la création numérique. Il faut dire que la Gaîté lyrique, qui rouvre ses portes ce mercredi 2 mars dans le 3e arrondissement de Paris, est un lieu à la fois nouveau et chargé de 150 ans d’histoire. Situé entre le tumulte du boulevard de Sébastopol et le calme studieux du Conservatoire national des arts et métiers, il fut jadis un des temples de l’opéra populaire, accueillant notamment Jacques Offenbach ou Luis Mariano, avant de tomber dans l’oubli à la fin des années 1980, lorsque la tentative de reconversion de l’espace en parc d’attraction s’avère un échec.
Rideau. Désormais, la Gaîté lyrique se veut la scène des révolutions numériques. Et l’architecte Manuelle Gautrand, chargée de la rénovation du lieu, a su tisser un lien entre cette nouvelle vocation et un passé glorieux, les vestiges de l’ancienne salle côtoyant heureusement des espaces au design ultra-moderne.
D’une surface totale de 13.000 m², le bâtiment est organisé autour d’une grande salle pouvant accueillir 750 personnes debout ou 308 assises et dotée de 46 écrans indépendants répartis sur les quatre murs, pour favoriser l’immersion totale du spectateur. Au niveau inférieur, une « petite salle » et un auditorium viennent compléter le dispositif. La Gaîté lyrique « nouvelle génération» accueille aussi un espace jeux vidéos, un centre de ressources, des studios de répétition, d’enregistrement ou de tournages, ainsi qu’un espace d’exposition modulable de 1.000 m² et une chambre sonore, petit espace « sensitif » où le visiteur peut déclencher des sons que 9 haut-parleurs lui restituent.
Tout a été fait pour casser la distance entre l’artiste et le spectateur et le lieu se définit aussi par une grande modularité. Au fil de la visite, on découvre en effet 70 « éclaireuses », des petits modules qui sont autant de briques susceptibles de changer de destination et de place au fil des projets artistiques qui seront accueillis. La dernière tranche des travaux, portant notamment sur les équipements techniques, l’acoustique et la rénovation des zones patrimoniales, a été financée à hauteur de près de 30% par la Région Île-de-France, soit un montant de 6,4 millions d’euros.
Désormais, c’est au public qu’il appartient d’investir le lieu. Du 2 au 6 mars, il est invité à explorer le bâtiment, habité par l’installation d’un collectif artistique britannique, « Unitedvisualartists ». Il sera guidé par les acteurs de la compagnie « I could never be a dancer», figurant des personnages comme sortis d’un jeu vidéo et pourra devenir acteur en participant à « Best before », une pièce où le spectateur est aussi le héros. Pendant ces cinq jours, une vingtaine de concerts (électro, pop, rock, hip hop et musiques du monde) se succéderont, préfigurant une programmation électique. Et le 29 mars débutera le premier programme proprement dit, « Berlin Next ! », célébration en images, en formes et en musique du renouveau culturel de la capitale allemande.
Crédits photo : Yannick Labrousse / Temps Machine / Picturetank
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Article publié le 2 mars 2011
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