L'actualité |
|
Cinéma – audiovisuel
Tragédie méconnue, la stérilisation forcée de 300.000 Péruviennes de 1995 à 2000 fait l’objet d’un documentaire soutenu, diffusé ce 4 juin à 22h45.
Documentaire d’investigation produit avec le soutien de la Région et diffusé sur Arte ce 4 juin, Le Ventre des femmes dénonce et décrypte une tragédie jusqu’ici restée dans l’ombre : la stérilisation forcée des Péruviennes, et plus particulièrement de celles d’origine indienne, entre 1995 et 2000.
En cinq ans, de même que 30.000 hommes, elles ont en effet été plus de 300.000 à subir ce sort. Cela, à la suite d’une décision du gouvernement d’Alberto Fujimori, soutenu par les instances internationales. Au nom de la lutte contre la pauvreté, les Indiennes quechuas ont été les premières victimes de cette politique. « Ils ne m’ont rien demandé… Ils m’ont emmenée comme un animal dans la salle d’opération », témoigne Yoni. Comme des milliers d’autres femmes, ses trompes ont été ligaturées de manière irréversible dans des conditions dangereuses. D'ailleurs nombreuses sont celles qui sont mortes des suites de leur stérilisation ou qui lui doivent, aujourd’hui encore, de lourdes séquelles.
Réalisé par Mathilde Damoisel, Le Ventre des femmes donne en priorité la parole aux victimes. Face à la caméra, elles témoignent avec dignité de la brutalité de l’opération imposée qui a bouleversé leur vie. Autour de ce chœur de femmes, le film resitue le cas du Pérou dans une histoire globale du contrôle des naissances. Il met à cette occasion en lumière le rôle fondamental de la Banque mondiale, des Nations unies et de l’USAID (l’agence américaine d’aide au développement) qui ont érigé le contrôle en instrument de lutte contre la surpopulation, fût-ce au prix de milliers d’existences brisées. La tragédie des Péruviennes n’est pas une première dans le genre, mais contrairement à d’autres – par exemple les 8 millions d’Indiens stérilisés de force sous Indira Gandhi –, la leur n’avait pas encore été publiquement dénoncée.
Tourné de septembre 2008 à février 2009 (avec une caméra numérique HD), le film a été entièrement post-produit en Île-de-France : montage virtuel chez Temps noir, Albertine productions et What’s up, travaux sur l’image chez Sylicone, travaux sur le son chez Kanasons, adaptation, traduction, direction artistique des voix-off et sous-titrage chez Nice fellow. Arte diffuse un montage de 90 mn de ce film, mais une version de 54 mn a aussi été finalisée pour la vente aux télévisions étrangères.
En un peu moins de 10 ans, Mathilde Damoisel a réalisé plus de 15 sujets magazines et documentaires. Très intéressée par la géopolitique du Caucase depuis Soukhoumi rive noire (2004), elle y a consacré plusieurs documentaires, comme Nouvelles de Tbillissi (2007). Elle a aussi abordé des thèmes aussi différents que l’histoire de l’art – Trésors d’ambassade (2007), Suleyman ou l’âge d’or des Ottomans (2006) – que l’environnement – Les Sentinelles de la nature : l’Écosse (2004).
Le Ventre des femmes est produit par Temps noir, une société de production déjà bénéficiaire d’une aide régionale en 2006 pour le documentaire Cuba, une odyssée africaine, de Jihan El-Tahri.
SubventionLa Région a attribué 89.000 euros à Temps noir. Sur le web |
Infos pratiques
Le Ventre des femmes sur Arte
à 22h45 |
Article publié le 4 juin 2010
Cinéma – audiovisuel
L’Île-de-France est de retour sur la Croisette, du 12 au 23 mai, avec cinq films. Mais aussi pour des rencontres professionnelles et diverses actions. (12/05/2010)
Galerie d'images |
|
Culture
Plus de 270 oeuvres de cinéma ont été aidées par la Région depuis 2001. Dix ans d’aide à la création, à retrouver en images, format affiche.
L'actualité|Les dossiers|Le journal|Marchés publics|Aides régionales|Appels à projets|Galeries d'images|Espaces thématiques|Offres d'emploi|RSS|Annuaire des liens|Mode d'emploi
Conseil régional d'Île-de-France
33 rue Barbet de Jouy 75007 Paris
Tél : +33 1 53 85 53 85 - Courriel : webmestre@iledefrance.fr