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Monnaie alternative : Montreuil a la Pêche

D’ici la mi-novembre, citoyens et commerçants de la commune de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, auront leur propre monnaie alternative. Détails d’une initiative originale au service de l’économie locale.

 

 

 

 

 

Appel à projets

Lancé au printemps 2013, l’appel à projets « Soutien aux projets socialement innovants » de la Région Île-de-France vise à favoriser des solutions d’échanges locaux et collaboratifs : biens et services entre particuliers et entre entreprises, monnaies complémentaires, etc.

Plus largement, il s'agit de proposer des réponses nouvelles aux besoins sociaux du territoire. La Région entend ainsi promouvoir les activités durables et solidaires de demain et soutenir la création d’emplois et de richesses en Île-de-France. Chaque projet sélectionné pourra être subventionné à hauteur de 50.000 euros. Le conseil régional entérinera ses choix avant la fin de l’année.

 

Rendez-vous

L’Atelier, centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire, propose une rencontre avec Philippe Derudder autour des monnaies locales le 3 octobre, à Paris.

De plus en plus, en France et dans le monde, des monnaies locales se développent en complément des monnaies nationales. Mode éthique éphémère ou véritable enjeu de développement local ? Réponses avec l’auteur des Monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ?, qui présentera plusieurs expériences pionnières et actuelles.
www.iledefrance.fr/agenda/monnaies-locales-complementaires
La Pêche de Montreuil
Xavier Frison

Ce sera donc la Pêche. Après une consultation citoyenne des habitants de Montreuil forte de 1.600 contributions, c’est le nom qui a été choisi pour baptiser la monnaie alternative de la ville. À quoi peut bien servir une telle initiative quand circule l’euro depuis 11 ans ? « La monnaie locale est une solution locale pour répondre au désordre global de crise économique, écologique et politique », explique en préambule l’association Montreuil en transition, à l’origine de la Pêche.

Une monnaie pour l’économie locale

La monnaie alternative d’une ville ou d’une zone régionale donnée permet de s’affranchir du système monétaire international par lequel transite l’euro, pour le meilleur et pour le pire. Avec la Pêche, pas de banques commerciales, pas de spéculation, pas de paradis fiscaux ou de tensions liées à la mondialisation de l’économie. C’est aussi une façon de briser le monopole qu’exercent les monnaies nationales, toutes liées entre elles et exclusives sur leurs territoires. Or, quand une monnaie unique s’écroule, il n’y a aucune alternative pour sauver les meubles.

A contrario, une monnaie complémentaire permet de relancer l’économie locale en temps de crise du système monétaire classique. Autre atout : cette monnaie bis offre aux citoyens la possibilité de participer à sa création et de repenser leur rapport à une économie dont ils redeviennent des acteurs directs. En privilégiant, par exemple, l’économie locale au détriment de biens venus du bout du monde et leur empreinte écologique catastrophique. En France, une vingtaine de monnaies parallèles existent déjà, dont l’eusko au Pays basque ou le Sol-violette à Toulouse.

Cercle vertueux

À Montreuil, ce sont 70.000 billets qui vont être imprimés, soit l’équivalent de 500.000 euros. « Il faut au strict minimum convaincre 30 commerçants et une centaine d’utilisateurs pour qu’une monnaie alternative soit viable », estime Bastien Yverneau, cofondateur de la Pêche, qui compte sur le « cercle vertueux » entre utilisateurs et commerçants pour faire mûrir la Pêche. Et fédérer autour de  « 2.000 utilisateurs d’ici un an », avant de déployer ces billets multicolores dans d’autres communes d’Île-de-France : « Dès le départ, c’est un projet qui a vocation à être régional. Les habitants de Sucy-en-Brie et d’autres communes franciliennes nous ont déjà contactés », raconte Bastien Yverneau, un peu dépassé par l’enchaînement des événements.

Les commerçants montreuillois, eux, sont « assez réceptifs. Ils sont aussi sensibles au fait de promouvoir l’économie locale et réelle, surtout la jeune génération ». Reste à diffuser des billets crédibles visuellement et au toucher – « c’est important » – et à espérer que la greffe prenne, à Montreuil et ailleurs.