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Cinéma – audiovisuel

Trois questions à Juan Manuel Sepúlveda

Réalisateur de Extraño rumor de la tierra cuando se abre un surco



 

Comment est né votre film ?

Des années 1980 à 1996, les indiens Ixil et Quiché, qui vivent dans le nord du Guatemala, se sont réfugiés loin dans les montagnes afin de résister à la plus grande stratégie de contre-insurrection que l’Amérique latine ait connue, et qui devait les exterminer. Après 14 ans passés dans des conditions extrêmes, qui les ont menés au bord de l’extinction, un assez grand nombre de gens a réussi à survivre et ont construit de nouveaux villages dans leur zone de résistance. C’est un endroit où l’on trouve beaucoup d’or, d’eau et d’autres ressources naturelles. Les gens dans ces villages le savent et ils se préparent à résister à ce nouveau conflit. Donc ce film rend hommage au quotidien de ces gens qui sont entrés en résistance depuis au moins cinq siècles. Le documentaire fait partie d’un projet plus long, « Les images brisées », dont l’autre production est « Leçons de guerre » (97’), qui sort cette année. Le but de ce projet est de réfléchir à la relation entre le genre du documentaire d’un côté, la politique, l’esthétique et l’éthique de l’autre.

Comment s’est passé le tournage ?

Comme nous voulions regarder un œil nouveau les relations entre le documentaire et la politique, nous avons décidé que l’un des principaux objectifs serait de vouloir construire un espace égalitaire dans les séquences du film. Avant le tournage, nous avons passé beaucoup de temps à parler de la façon dont les indiens pourraient profiter de ce support. Dans le cas d’Extraño rumor, Juana López, le personnage principal, nous invite à la filmer, elle et sa famille, dans son verger. Ainsi toute une mise en scène se construit autour de Juana López et sa petite-fille : elle lui apprend à cultiver la ciboulette en parlant de la guerre. On a simplement filmé pendant qu’elle jouait.

Que voulez-vous faire pour l’avenir de la planète ?

Je ne sais pas si faire des film apportera quelque chose pour l’avenir de la planète. Ce que je veux, c’est l’égalité. C’en en substance ce que veut construire le film, un espace dans lequel tous partagent les mêmes droits et possibilités, même si c’est impossible dans la réalité.




Sur notre site

 
Extraño rumor de la tierra cuando se abre un surco
Au Guatemala, le quotidien du potager d'une communauté d'indiens déplacés.

 
Article publié le 9 février 2012

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