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Cinéma – audiovisuel

Trois questions au réalisateur Cyril Barnier

Cyril Barnier, le réalisateur du court-métrage Les aventures du Bufo O - Le chaos du crapaud répond à nos 3 questions.


Comment est née l’idée du film ?

Étant tombé sous le charme des amphibiens lors d'un stage, je suis arrivé à l'IFFCAM (Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute), école de cinéma animalier, avec l'envie de réaliser un film sur le crapaud commun. Cet animal est malaimé et pourtant si charmant. Au départ, j'avais en tête un film assez classique traitant de l'écrasement routier lors des migrations des amphibiens, au travers d'un personnage : Bufo. Arrivé à l'IFFCAM, j'ai appris à maîtriser la caméra et j'ai alors compris que je pourrai filmer de nuit. Tout de suite, l'ambiance était en place dans ma tête. J'ai commencé à réécrire une histoire plus folle où le crapaud serait une caricature de l'écolo militant extrémiste.

J'ai alors écrit le texte et je savais que le commentaire serait un slam racontant l'aventure de Bufo. Tout se posait dans ma tête peu à peu et finalement, le projet semblait fonctionner et j'ai eu carte blanche pour le réaliser. Personne n'arrivait à savoir vraiment ce que cela donnerait, surtout quand j'ajoutais que de la musique rock voire métal allait garnir le tout !

Comment s’est déroulé le tournage, quelles difficultés –ou au contraire quelles agréables surprises - avez-vous rencontrées ?

Le tournage a mal commencé. En effet, les crapauds n'étaient pas très présents et sans crapaud, pas de film. J'ai pas mal douté mais on nous a appris que le secret du cinéaste animalier, c'est la patience. Plusieurs sorties ont été vaines. Jusqu'au jour où ils se sont montrés et j'ai enfin pu commencé. Mais je ne voulais garder aucun animal en captivité, alors chaque sortie de tournage commençait par une chasse au crapaud ! Et je peux vous dire que cela n'a pas été facile. Et encore, les crapauds sont moins vifs que les grenouilles ou les rainettes.

Ensuite, il a fallu mettre en scène les amphibiens. Cela fut une bonne surprise car je pensais qu'ils bougeraient plus. Les Bufos ont été plutôt sympathiques. Seules les grenouilles ont été difficilement gérables et il m'a fallu de l'aide pour les mettre en scène. D'ailleurs, on n'en voit finalement que deux lors de la rencontre avec les grenouilles agiles alors que j'avais prévu une scène à trois grenouilles. La meilleure surprise mais qui fut aussi une tragédie, c'est lorsqu'on a trouvé cette salamandre fraichement blessée mais qui était vraiment en piteux état. Nous étions triste de découvrir une nouvelle victime de la route et un crapaud passant par là m'a donné envie d'ajouter cette séquence au film. Je me dis qu'ainsi, elle n'est pas morte en vain. Elle aura participé à la diffusion d'un message pour sauver ses congénères.

Comment le film a-t-il été accueilli ?

La première diffusion fut celle de mon examen de fin d'année et on m'attendait au tournant. La surprise fut grande et la plupart des membres du jury ne savaient comment réagir ! Le film a beaucoup plu, grâce à l'originalité de la réalisation. J'ai essayé d'apporter une touche particulière et je pense avoir réussi. Le film tient la route, sans avoir écrasé d'amphibien, et est compréhensible. Le message passe et c'est le principal.




 
Article publié le 28 septembre 2009

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